Les castrats, essais d'histoire sociale

par Patrice Mattant de Biliotti (Mattant)

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean Meyer.

Soutenue en 1997

à Paris 4 .


  • Résumé

    Au contraire des peuples de l'antiquité qui pratiquèrent l'émasculation de leurs esclaves pour garder leur gynécée ou pour des plaisirs licencieux, la société européenne de l'époque moderne n'usa généralement de la castration que pour trois fins : thérapeutique, ascétique et euphonique. L'ablation des testicules, employée comme thérapie depuis les observations d'Hippocrate, continua jusqu'à la fin du XVIIIe siècle à être utilisée pour soigner de nombreuses maladies. Hors de cet usage médical, la jurisprudence civile et canonique condamnait tout autre pratique de cette mutilation. Pourtant, si les sociétés civiles et religieuses reprouvaient et pénalisaient les chrétiens qui confondaient ascétisme volontaire et castration, elles allaient tolérer l'émasculation euphonique de milliers d'enfants voire même, pour des théologiens de l'église catholique, démontrer la licéité de cette mutilation pour la gloire de dieu puis de la communauté. L'usage de la castration à des fins euphoniques fut découvert, semble-t-il, dans les pays ibériques lors de la Reconquista. Les premiers chantres castrats apparurent en Italie dans les années 1550-1560 et remplacèrent rapidement dans les églises de la péninsule et les chapelles de cour les falsettistes et les enfants guettés par la mue qui interprétaient les parties de soprani à la place des femmes interdites de chanter dans les lieux de culte. Ils furent aussi les virtuoses talentueux et renommés de la musique séculière pendant plus de deux siècles dans tous les pays européens. Si la majorité des castrations se pratiqua en Italie, d'autres pays émasculèrent aussi des enfants. Garçons de familles pauvres, les parents virent en cette opération la possibilité d'un emploi nourricier, clerc ou séculier, qui apporterait, après une formation dans un conservatoire réputé, sécurité voire richesse. La philosophie des Lumières relayée en Europe par la révolution française semble être une des raisons de la désaffection du public pour ces chanteurs.

  • Titre traduit

    The castrati, social history essay's


  • Résumé

    Unlike the people of antiquity, who emasculated their slaves to protect their women or for licentious pleasures, European society in the modern era used castration generally only for three purposes: as a therapy, for ascetic reasons, and for euphony. Ablation of the testicles, used as a therapy since the observations of Hippocrates, continued to be employed as a treatment for many diseases until the end of the 18th century. This medical use aside, civil and canon law condemned all other uses of the practice. Although civil and religious society censured and disciplined Christians who confused voluntary asceticism and castration, they did tolerate the emasculation of thousands of children for reasons of euphony. Theologians of the Catholic Church went so far as to demonstrate the licit nature of this mutilation, for the glory of god and of the community. The use of castration for reasons of euphony was discovered, it would appear, in the countries of Iberian Peninsula at the time of the Reconquista. The first castrati singers appeared in Italy in 1550-1560. In churches throughout Italy and in court chapels, they soon replaced falsetto singers and children, who were prone to having their voices change -two groups who used to sing the soprano line in the place of women, who were not allowed to sing where religious services were held. The castrati were also talented and renowned virtuosi of secular music for more than two centuries in all the countries of Europe. Although most castrations where performed in Italy, other countries emasculated children too. The children of poor families, either clerical or secular, these singers would earn security or even wealth, after receiving training at a renowned conservatory. The philosophy of the enlightenment, spread throughout Europe by the French revolution, seems to be one of the reasons for the public's disaffection with these singers.

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Informations

  • Détails : 518 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 302 ref.

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