Le luxe a rome et en italie au 1er siecle apres j. C. : etude sociale et morale

par Éva Dubois-Pélerin

Thèse de doctorat en Études latines

Sous la direction de Jean-Pierre Martin.

Soutenue en 1997

à Paris 4 .


  • Résumé

    La relativite du luxe, suivant les epoques et les societes notamment, impose d'etudier d'abord les sources litteraires, pour le definir sans anachronisme. La demarche consiste ensuite a en verifier les conclusions par l'etude archeologique du luxe prive, puis public. Generalement, sources litteraires et archeologiques concordent. L'etude des sources litteraires montre la frequence d'apparition de ce theme, en lien etroit avec la morale, et la diversite de ses manifestations concretes (mets, constructions, objets). La riche terminologie varie selon l'auteur, offre des nuances et connotations (pejorative ou emphatique) diverses, differencie luxes prive et public et definit le luxe par le cout, l'exces, la superfluite, le raffinement et le caractere ostentatoire. Les auteurs lient souvent l'apparition du luxe, lors des conquetes d'orient, et la corruption des moeurs, cause des guerres civiles. L'acceptation du luxe, moyen pour les nobiles de rehausser leur status, croit cependant au cours du siecle. L'etude du luxe prive souligne le role capital du luxe de la table, fonde sur l'exces, le cout, le raffinement et l'origine geographique des mets et la scenographie du banquet (richesse du decor, service, distractions). Le luxe des constructions privees de mieux en mieux accepte, s'exprime dans leur laxitas et leur decor. La peinture murale n'y contribue pas, contrairement au marbre, notamment l'opus sectile, present, en campanie, surtout dans les pieces de reception. Les marbres polychromes sont les plus prises. Les objets sont luxueux selon le materiau, rare ou couteux, la qualite de leur fabrication, l'identite de l'artiste, notamment s'il est grec, et leur anciennete. Si le luxe prive est frequemment condamne par les sources litteraires, le luxe public l'est rarement. Celui des temples privilegie l'emploi du marbre et contribue a la magnificentia imperiale. Le marbre caracterise aussi le luxe des thermes et des edifices de spectacles. La difference entre edifices de l'italie et de la capitale tient aux dimensions, non au decor, ou generalement l'italie imite rome. L'empereur doit etre fastueux dans sa vie publique, non dans sa vie privee. Pourtant, le luxe imperial se deploie aisement au palatin sous les flaviens, jouant sur l'ambiguite de leur fonction, publique et privee, mais aussi dans les villas imperiales.

  • Titre traduit

    Luxury at rome and in italy in the 1st century a. D. : a social and moral study


  • Résumé

    The relativity of luxury, across time and societies, first requires a study of literature for a definition that avoids anachronisms. The next step then is to check the conclusions thus drawn, through an archeological study of private, and then public, luxury. Usually, literary and archeological sources agree between them. The study of literary sources shows the frequence of the theme, usually in close connection with moral views, and the diversity of its embodiments (food, constructions, objects). The rich terminology varies across authors, offers diverse nuances and judgements (for or against), differentiates private and public types of luxury, and defines the latter through cost, excess, superfluity, refinement and ostentation. Authors frequently link the appearance of luxury, during the wars in the east, with moral corruption at rome, as a cause of the civil wars. Luxury, though, is increasingly accepted during the first century a. D. ,notably as a means for the mobiles to enhance their status. The study of private luxury highlights the primary role of the luxury of banquets, based on all types of excesses, on the cost, refinement and origin of food and on scenography (wealthy decor, service, entertainments). Increasingly accepted luxury in private buildings is based on laxitas and decor. Wall painting does not enhance it, contrary to marble, notably opus sectile, which in campania mainly appears in reception rooms. Polychrome marbles are most favoured. The luxury of objects is based on the rarity or cost of the material, the quality of craftmanship, the identity of the artist, particularly if greek, and the antiquity of the object. Whereas private luxury is often condemned by literary sources, public luxury seldom is. Luxury in temples focuses on marble and contributes to the emperor's magnificentia. Marble also caracterizes the luxury of baths and buildings made for shows. The main difference between italian and roman buildings is size, not decor, for which usually italy imitates rome. The emperor has to be fastuous in public, not privately. Imperial luxury, though, is widespread on the palatine under the flavians, benefitting on the ambiguity of the latter's function (public vs private), but also in the imperial villas.

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Informations

  • Détails : 3 vol., 1346 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 545 ref.

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