L'art du portrait en Espagne de 1814 A 1873 : peinture et société : paradoxale gestation d'une unité

par Véronique Marchal-Roy

Thèse de doctorat en Études ibériques

Sous la direction de Claude Esteban.

Soutenue en 1997

à Paris 4 .


  • Résumé

    Entre 1814 et 1873, peinture et societe sont confrontes en espagne a la meme problematique, affirmer leur identite sur une scene internationale ou nations et ecoles nationales d'art doivent prouver leur unite. Leur pays erige en mythe romantique, les espagnols ne se reconnaissent pas dans les images stereotypees qu'on leur renvoie d'eux-memes, ni dans ce champ de bataille, ou s'entrechoquent les ideologies politiques les plus extremes, qui se deploie sur son territoire, contradictions que nous explorons. Ils ne cessent d'interroger leurs reflets en commandant a madrazo, esquivel, becquer, rosales etc. Leurs portraits, pratique jugee indigne par le monde de l'art ou regne la peinture d'histoire. Les paradoxes que souleve l'etude des liens entre portraitistes et modeles vont remettre en cause les conventions de l'histoire de l'art, mais leur contrat fonde sur une communaute d'interets se revelera un marche de dupes. Ni marchandise, ni instrument de seduction ou de propagande, le portrait doit se liberer du contexte, s'affranchir de l'obligation de ressemblance, et du detail narratif. Le principe de la noblesse du sujet est ecarte au profit d'une peinture du present, par nature ephemere, mais dont l'universalite permet d'acceder a l'eternite. Tous les elements constitutifs du portrait -releves dans une typologie- sont mis en jeu pour y contribuer. Le costume ne sera ni pittoresque, ni historique. Le decor disparait peu a peu au profit de la matiere picturale, qui definit davantage le portraitiste que son modele, auquel echappe peu a peu la representation de son individualite, et dont la perte d'identite est precipitee. Les portraits royaux sont l'illustration de leur grandeur manquee; les autoportraits revelent la nature des enjeux, non pas l'environnement social, mais l'autorite d'un langage pictural. La societe est dissoute dans la creation artistique, seul signe perceptible, qui traitera, par-dela les amateurs de couleur locale et les aspirations des modeles, avec l'eternite.

  • Titre traduit

    Portraiture in spain from 1814 to 1873 painting and society: paradoxical gestation of unity


  • Résumé

    During the period 1814-1873 painting and society in spain face the same problem: to affirm their identity on an international scene where nations and national art schools each must prove their unity. With their country elevated into a romantic myth, the spanish people do not recognize themselves in the stereotypical images reflected upon them, nor in the battles waged on their territory between the most diverse political ideologies. In this thesis we explore these contradictions. They tirelessly question the reflections of their portraits painted by madrazo, esquivel, becquer, rosales, etc. Historical painting dominating the art world, portraiture is judged unbecoming. The paradoxes revealed by the study of the links between painter and model will question the conventions of art history. Furthermore, their contract based on a commonality of interest will reveal to be a fraud. Neither merchandise, nor instrument of seduction or propaganda, a portrait must free itself from context, from an obligation of resemblance, and of narrative detail. The principle of the nobility of subject makes way for a desire to paint the present, by nature ephemeral, but which through its universality also represents eternity. All the constituent parts of the portrait, here presented in a typology, are called on to contribute to this purpose. The costume will be neither picturesque, nor historical. The decor disappears slowly in favor of the pictorial matter which defines the artist rather than his model. The representation of the latter's individuality gradually defuses, his loss of identity is in fact precipitated. The royal portraits illustrate their missing greatness. Self-portraits reveal not the social environment, but the authority of the pictorial language. Society is being dissolved in artistic creation which, beyond the amateurs of local color and the aspiration of the models, remains the only perceptible link with eternity.

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 1997 par ANRT, thèse à la carte à Lille

L'art du portrait en Espagne de 1814 à 1873, peinture et société : paradoxale gestation d'une unité


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Informations

  • Détails : 3 vol., 689 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 317 ref.

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  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne Paris 4. Service commun de la documentation. Bibliothèque Serpente.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : BUT 3946
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Cette thèse a donné lieu à une publication en 1997 par ANRT, thèse à la carte à Lille

Informations

  • Sous le titre : L'art du portrait en Espagne de 1814 à 1873, peinture et société : paradoxale gestation d'une unité
  • Détails : 1 vol. (630 p.)
  • ISBN : 2-284-01956-0
  • Annexes : Bibliogr. p.597-626. Index. Errata.
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