L'oeuvre romanesque de Beryl Bainbridge

par Laïla Bine-Bine Sebban

Thèse de doctorat en Études anglaises

Sous la direction de François Gallix.

Soutenue en 1998

à Paris 4 .


  • Résumé

    Beryl Bainbridge voit la littérature essentiellement en termes de biographie de l'écrivain et affirme n'écrire que d'après son expérience, celle de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière dont elle est elle-même issue. Rebelle, anticonformiste, elle reste profondément marquée par une enfance tourmentée au sein d'une famille désunie. Diverses influences ont marqué la romancière qui sont sa famille, sa ville natale, le théâtre, sa véritable école et son premier choix de carrière, et la lecture par son père de toute l'œuvre de Dickens lorsqu’elle était enfant. A la recherche d'un arbre généalogique de l'écrivain Beryl Bainbridge c'est à partir du roman de Charlotte Brontë Shirley que l'on peut commencer, trouvant des correspondances ou affinités avec le roman noir, Mrs Gaskell ou Hannah More. Une écriture hyperréaliste, un humour grinçant, une ironie acerbe, la manière de mettre à nu ses personnages et de les exposer dans les détails de la vie les plus intimes est ce qui caractérise l'œuvre de Beryl Bainbridge. Cette thèse relève toutes les tensions traduites par le thème central dans l'œuvre, celui de la guerre et la symbolique qui l'accompagne. Danger, perte, angoisse, ruines, destruction, échec, exclusion, déchirement, racisme, solitude, mal-être, névroses, sont autant de thèmes développés par la romancière; toutes tentatives d'échapper à ces maux sont vouées à l'échec. Il semble en conclusion qu'en choquant délibérément le lecteur Beryl Bainbridge lui livre, à son tour, la guerre; guerre qui, si l'on prend en compte ces mots de Renan, "est l'une des conditions du progrès, le coup de fouet qui empêche une nation de s'endormir". Une note d'espoir se dégagerait ainsi de cette œuvre pessimiste et donnerait alors un sens au chaos que décrit la romancière.

  • Titre traduit

    Beryl Bainbridge's works of fiction


  • Résumé

    The novels of Beryl Bainbridge are very close to her own life. Influences on her writing are essentially her theatrical experience, the city of Liverpool where she was born, and the works of Charles Dickens her father read to her when she was very young writing for Beryl Bainbridge was a way to exorcise the neuroses caused by her early suffering from her parents' ill-fitted and unhappy marriage. All these tensions are symbolized by the author through the theme of the war; theme of war that is transformed into other more personal conflicts involving the war between adolescents and their parents, the war inside marital or extra-marital couples, to narrow through the conflicts individuals have to go through facing a society they no longer understand, their environment made of danger and ruins, their own impossible wishes and impulses in their quest for happiness. Loss, failure, loneliness, death, violence, danger, exclusion, racism, neuroses and desperate attempts to escape unbearable situations characterize all Bainbridge’s characters who all belong to the working or lower middle classes. These are the main themes this thesis examines. Beryl Bainbridge’s art of writing, her surreal black humor, her ironic treatment of the facts of life, her disconcerting laying bare of man's most intimate thoughts and behavior, show a writer of great talent and originality. It is the juxtaposition of banality and menace that gives her writing its characteristic tone. Deliberately chocking with a "sharp focus realism" and unbearable descriptions of misery, poverty, ruins, death and violence, Beryl Bainbridge seems to have declared war on the reader. If we take into account this idea of Renan claiming that "war is one of the conditions to ensure progress, the necessary stimulation to stop a nation from falling asleep", then all Bainbridge’s description of chaos and misery would make sense and hope could come back.

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Informations

  • Détails : 721 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. 698 réf.

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