La parole et la beauté dans la théologie : une interprétation poétique de Thomas d'Aquin

par Olivier-Thomas Venard

Thèse de doctorat en Études latines

Sous la direction de Alain Michel.

Soutenue en 1998

à Paris 4 .


  • Résumé

    Peut-on recevoir en littérature aujourd'hui une œuvre comme la somme de théologie de Thomas d’Aquin ? 1. Nous décrivons l'entreprise littéraire de Thomas composant sa théologie au XIIIe s. , en rappelant son œuvre poétique (décrite par A. Michel) et les principes de son esthétique (étudiés par Eco) ; inversement, nous soulignons la dimension (a) théologique de la grande poésie moderne et contemporaine depuis Rimbaud et Mallarmé. Pour composer une somme de la théologie, Thomas disposait de la faculté de dire la réalité telle qu'elle est (métaphysique), et de l'accès à la langue même de l'ineffable (révélation) ; leur disparition empêche les poètes d'avoir son ambition aujourd'hui. 2. Nous envisageons l'aspect linguistique et littéraire le discours métaphysique aristotélicien assumé par Thomas : loin de rechercher une transparence de l'intellection, que les modernes ont eu l'illusion d'atteindre, il conserve au langage toute son épaisseur verbale, ce que Gilson ou Maritain ont négligé. Il sublime la dialectique logique/métaphysique par la démonstration d'une interdépendance de la théorie du verbe et de la théologie du verbe. Ainsi, il revêt la parole humaine d'un symbolisme radicalement religieux, et l'inscrit dans l'esthétique du sublime. Nous l'interprétons comme un écho de la musique essentielle de la bible, lecture quotidienne du théologien. 3. La poétique biblique permet d'inventer l'ineffable. La lectio divina instaure une dialectique du texte et de l'expérience ; la relation de dieu et du livre qu'elle insinue est transfigurée dans le spectacle du crucifix et dans la célébration de l'eucharistie : dans ces trois moments, nous suggérons ce qu'est le « sixième sens » introduit par la foi dans la perception et l'expression du réel. Où le théologien se fait prophète. . .

  • Titre traduit

    Word and beauty in theology, a poetical interpetation of saint Thomas Aquinas


  • Résumé

    Nowadays, are we able to receive in literature such a work as summa theologiae ? 1- we tend to describe the literary work of Thomas composing his theology in the XIIIth cent. , remembering his poetical work (as described by a. Michel) and the principles of his esthetics (as studied by Eco). On the contrary, we will underline the theological size of the great modern and contemporary poetry since Rimbaud and Mallarme. In order to compose a summa of theology, Thomas could tell the reality as it is (metaphysics) and access to the very language of the unspeakable (revelation). Their disappearance forbears the poets to have his ambition today. 2 we will consider the linguistical and literal aspect of the aristotelico-metaphysical discourse assumed by Thomas : far from looking of the transparence of the intellection that the moderns had the illusion to reach, it preserves in the language all its verbal thickness, neglected by Gilson or Maritain. It sublimes the logical/metaphysical dialectics by the demonstration of the interdependence of the word theory and the logos theology. Therefore, he invests the human word by a symbolism radically religious and enters it in the esthetics of the sublime. We translate it as an echo of the essential music of the bible, daily reading of the theologian. 3) biblical poetics lends to invent the unspeakable. Lectio divina puts up a dialectics of text and experience. The relationship between god and the book that it hints is transfigured in the show of the cruciferous and the celebration of the holy eucharisty : within these three times, we suggest what is the 'sixth sense' introduced by faith in the perception and expression of reality. Where the theologian turns into prophet. . .

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Informations

  • Détails : 2 vol., 800 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 500 ref.

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