Les detours de l'ambiguite une lecture de l'etranger d'albert camus

par KIE-UN LEE

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Jean Touzot.

Soutenue en 1997

à Paris 4 .


  • Résumé

    Le sens d'une oeuvre d'art ne s'epuise pas. L'etranger en est un bel exemple, dans la mesure ou il garde toujours le sens secret qui lui est propre, meme apres plus d'un demi-siecle d'existence. Qu'est-ce qui fait donc de cette oeuvre apparemment limpide une enigme qui se derobe ? la reponse est simple : l'ambiguite qui se manifeste dans la forme autant que dans le fond du livre. Le present travail se propose donc de lire l'etranger par le detour de l'ambiguite dans laquelle apparait l'unite de l'oeuvre, et notre tache sera non pas de la resoudre dans la clarte du sens, mais de la demontrer autant que possible. Sur le plan formel, l'etranger n'est ni tout a fait roman ni tout a fait recit, puisqu'il transgresse les lois du genre. Sur le plan narratif, il pourrait etre un journal aussi bien qu'un recit retrospectif ; en somme, il s'agit d'un journal deguise en roman. Qui est l'auteur de ce deguisement ? c'est meursault et non camus. C'est-a-dire que nous considerons l'etranger comme l'oeuvre de meursault. Cela constitue le point de depart de notre interpretation de ce texte ambigu. Donc, il faut imaginer meursault ecrivain. Dans son oeuvre, il se montre tout en se cachant plus profond, plus bas ; il se juge coupable tout en dissimulant soigneusement le cadavre ; et il accepte la peine de mort tout en denoncant l'inhumanite de l'execution capitale. Bref, il est coupable, mais il apparait comme innocent. La est l'ambiguite, oeuvre de la dissimulation que meursault effectue par le moyen de son langage. En effet, si meursault est un etranger, c'est qu'il parle un langage banal mais que personne ne parle comme lui. Il est une etranger banal, ainsi incarne-t-il l'ambiguite propre au langage humain et grace a laquelle la litterature fait sa richesse. Finalement, l'art de camus triomphe.


  • Résumé

    The meaning of a work of art is never exhausted. Albert camus' the stranger is a good exemple of this to the degree that it always keeps its own secret meaning, even after half a century. What is it which makes of this apparently transparent wok an enigma that still escapes us ? there is a simple response : it is the ambiguity which is shown in the form of the work as well as in its essence. The present study proposes therefore to read the stranger by this detour of its ambiguity, considered as the unifying principle of the work, where the goal of the re-reading is not to surmount but merely to demonstrate it insofar as possible. From the point of view of the literary genre, the stranger is neither completely a novel, nor fully just a narrative, since it eludes the usual norm. As narrative, it could be a diary written in the present as welle as a restrspective account. Taken as a whole, it is a diary disguised as a novel. But who is the author of this disguise? it is meursault and not camus, which is to say that we are considering the stranger as the work of meursault. That constitues the starting point of our interpretation of this ambigous text. Thus we must imagine meursault as the writer. In his work he showes everything by hiding it deeper. He juges himself guilty while carefully concealing the body. And he accepts the death penalty while denouncing the cruel inhumanity of capital punishment. In brief, he is guilty, but he is made to appear as innocent. There is the ambiguity, the work of deceit which meursault brings about by means of his ambigous language. If meursault is au outsider, it is because he speaks an ordinary language which no one else speaks as he does. He is an ordinary stranger. Thus he incarnates the ambiguity which is particular to human speech and, thanks to which, literature is enriched. In the end, it is the art of camus which triumphs.

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Informations

  • Détails : 1 vol., 441 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 273 ref.

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  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne Paris 4. Service commun de la documentation. Bibliothèque Serpente.
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  • Cote : BUT 3852
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