L'ellipse dans les nouvelles de Katherine Mansfield, de Virginia Woolf et d'Elisabeth Bowen

par Anne Besnault

Thèse de doctorat en Études anglaises

Sous la direction de Hubert Teyssandier.

Soutenue en 1996

à Paris 3 .


  • Résumé

    Qu'elle que soit la finesse de sa maille, le texte litteraire est, a l'image du tissu, toujours ajoure, lacunaire: aussi l'inexprimable a-t-il toujours cotoye l'exprime en litterature. Il faut cependant attendre l'epoque romantique, puis moderne, pour que le non-dit, si ce n'est le silence, devienne la clef d'une formulation consciente de l'oeuvre ouverte et le signe vide d'une lutte necessaire contre l'inevitabilite du langage. En refusant de saturer l'etendue de la page blanche, les collected stories de mansfield, de woolf et de bowen temoignent d'abord de cette resistance progressive de l'ecriture a l'absorption du sens. Mais le manque est au coeur de l'esthetique de la nouvelle avant meme d'y etre deliberement integre. Se situant par definition entre la necessite de dire et la necessite de taire, associant limite et finitude, temps bref et poetique de l'ephemere, manque et disparition, les nouvelles du corpus suggerent ainsi l'adequation entre un genre elliptique et une esthetique qui tente de transmettre la vision d'un monde nouveau, interieur et fragmentaire. L'exploration des composantes strategiques des textes (commencements, univers fictif, structure, effets rhetoriques et poetiques, fins), selon un parcours conduisant de la problematique du genre a celle de l'enonciation, de l'ellipse comme signe plein a l'ellipse comme ouverture sur le vide, permet d'autre part de mettre en evidence l'essentielle "tension" sur laquelle se fondent la nouvelle en general, et la nouvelle moderniste en particulier. Faisant du manque l'une des conditions de la construction du sujet et du sens, les oeuvres etudiees oscillent ainsi entre genericite et a-genericite, contraintes de la brievete et ouverture du fragment, competence narrative et charge metaphorique, poetique de l'intensite et esthetique de la disparition. Indiquant l'indicible, l'ellipse en reserve le devoilement, reconciliant ainsi dans ses replis le tout et le rien, le discours et le silence.

  • Titre traduit

    Ellipsis in the short stories by katherine mansfield, virginia woolf and elizabeth bowen


  • Résumé

    However dense and wrought out it may be, the literary text cannot but be incomplete : the unsaid has therefore always been inscribed in fiction and literature. It is only with the advent of romanticism and, later on, of modernism, though, that the unsaid, if not silence, has become one of the key figures of a conscious formulation of the open text, as well as the empty sign referring to the necessary struggle against the inevitability of language. By refusing to fill in the blanks, the collected stories of mansfield, woolf and bowen first manifest this gradual resistance of writing to the absorption of meaning. But gaps and blanks are part of the aesthetics of the short story before they are deliberately inscribed in the texts. In so far as they hesitate, by definition, between the written and the unwriteable, and associate their own limits with the idea of limitation, their concision with an ephemeral duration and the unspoken with the unspeakable, the short stories studied here emphasize the affinities existing between an elliptic genre and the modern aesthetics of fragmentation, incompleteness and indecision. Leading from the problems of genre to the issue of utterance, from the analysis of ellipsis as a rhetorical instrument to the discovery of the depths of silence, the exploration of the texts' essential components (beginnings, diegesis, structure, rhetorical and poetical effects, endings) then sets forth the fundamental "tension" on which the short story is based. The short fictions of this corpus thus vacillate between the displaying of generic and non-generic features, between their narrative function and a metaphorical dimension, between a poetics of intensity and the abyss of absence. Pinpointing the unspeakable while veiling revelation, ellipsis finally appears to reconcile silence and discourse in the text's recesses.

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