Essai sur l'autoreference en art : logique de la reflexivite esthetique

par Christophe Genin

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Olivier Revault d'Allonnes.

Soutenue en 1997

à Paris 1 .


  • Résumé

    L'artiste est-il un menteur qui joue des apparences du monde sensible pour donner vie au non-etre ? pour que cela ne fut douteux il eut fallu qu'il referat a un "monde" imagine. Or, nous observons, a partir d'exemples tires des beaux-arts ou des arts appliques, la pauvrete d'une telle conception, car dans le rapport entre l'oeuvre et son referent suppose, l'artiste interfere de sorte que l'oeuvre devient une communication entre son public et lui-meme. Par cette interpolation apparait l'autorite de l'artiste, donc son identite comme mediateur entre une instauration et une attention. L'oeuvre porte donc la reflexivite du mediateur qui s'en sert pour se connaitre, se faire reconnaitre en deliant l'esprit de son interlocuteur par des cles. Par consequent l'oeuvre elle-meme se met en abyme et refere a elle-meme. Des lors l'autoreference produit dans l'oeuvre un ensemble de dedoublements, d'inversions et d'indecidabilites analogues aux paradoxes autoreferentiels de la logique. Analogie d'ou nous tirons que ces problemes de l'intelligence d'une oeuvre sont, plus qu'un effet de symetrie, d'inclusion, de repetition, les correlats d'une reflexion de l'artiste sur son oeuvre et en elle: le modus operatum livre son modus operans. Des lors que l'oeuvre donne a voir elle se reflechit comme truchement. Et sa verite est dans cette logique de l'ambiguite, de la reversibilite. Ainsi son identite est refractaire : nulle part car eclatee dans toutes sortes de decalages (veduta, incrustation, abime), partout car ces deplacements sont le jeu d'une verite de l'oeuvre qui denonce son ambiguite quand elle l'institue, ambiguite formatrice: une maieutique, par l'humour, du jugement libre. Plus fondamentalement encore, ces refractions, ou reflexion de l'oeuvre par elle-meme, signifient, plus qu'une amusette, la constitution et l'affirmation d'une intelligence immanente au monde sensible.

  • Titre traduit

    Essay on artistic self-reference. Logic of aesthetical reflexivity


  • Résumé

    Is the artist a liar, making up works to trifle with us, playing upon the reflections of the perceptible world ? it might be probable if he were referring to a fancied land. But this state of delusion is a conception that we do not observe, too restrictive considering all kinds of works of art in which the artist owns up to having done his work, interfering between it and its supposed denotation, so that the work becomes a relationship between the public and himself. This intervention grounds the artist's authority, hence his identity as an intermediary between instauration and awareness. So the work mentions the gobetween's reflexivity who uses it to know himself and to be recognized, giving his interlocutor clues to unlock his mind. Therefore the work includes itself and self-refers. So self-reference generates all kinds of splits, reversals and undecidabilities, analogous to self-referential logical paradoxes. From this analogy we can infer that these questions about the intelligibility of a work of art are -more than a symetrical view, or a self-inclusion in self-doubling, or a recurrence-, the correlatives of an artist's reflexion about his work and in it: the modus operatum exhibits its modus operans. As soon as the work is ostension it involves a reflexive process as a go-between. Its truth is in this logic of ambiguity and alternate inconsistency. Therefore its identity is refractory : it's both nowhere as it is splitted up into unwedged parts (veduta, encrusting, abysm), and everywhere because these variations are nothing but the play of work-truth which denies its ambiguousness while it self-asserts. This is a wit-sharpening ambiguity : a humoristic heuristic of free-thinking. Basically these refractions, or the self-reflexion of the work, don't mean tricks but the foundations of an intelligence immanent in the perceptible world.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (500 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 303 ref.

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