Thèse soutenue

De l'indisponibilité à la non-patrimonialité du corps humain

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Auteur / Autrice : Sandra Lavroff-Detrie
Direction : Jacques Ghestin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit privé
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Paris 1

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Le statut juridique du corps humain est ambigu. Le corps se confond avec la personne humaine dont il est le support et l'expression, mais il en est distinct avant la naissance et après la mort. Les progrès de la biologie et de la médecine conduisent à utiliser le corps comme une chose. La question de la réification du corps humain a été largement renouvelée par l'adoption des lois du 1er et 29 juillet 1994 sur la bioéthique. Le corps humain est absent du code civil, mais l'interprétation doctrinale et jurisprudentielle de l'article 1128 du code civil a permis de mettre en évidence un principe d'indisponibilité du corps humain. Cette règle fut largement admise durant le XIXème et le début du XXème siècle. Le principe d'indisponibilité du corps humain a permis de sanctionner les atteintes les plus nettes a l'intégrité du corps humain. Les progrès en matière biomédicale ont multiplié les cas dans lesquels le corps humain était un objet d'échange à titre gratuit et parfois à titre onéreux. Une partie de la doctrine en vint à contester l'existence du principe d'indisponibilité, alors que le juge suprême l'affirma solennellement. Les lois sur la bioéthique marquent une étape décisive dans la détermination de la nature juridique du corps humain. Le principe d'indisponibilité du corps humain a été remplacé par la règle légale de la non-patrimonialité. Le corps de la personne humaine est défini comme dénue de valeur patrimoniale et ne pouvant pas être l'objet d'acte à titre onéreux. La loi établit des règles protectrices contre les risques de réification, tout en faisant la part de l'intérêt légitime des personnes qui peuvent bénéficier de dons d'organes, d'éléments ou produits humains. La libre volonté est fondamentale et le juge intervient afin d'interdire les atteintes a la non-patrimonialité du corps humain. Cet ensemble législatif comporte des insuffisances, mais constitue un progrès.