Philosophie et marche chez adam smith : morale de l'economie, economie de la morale

par JEAN LOUIS EUVRARD

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de MICHEL MALHERBE.

Soutenue en 1997

à Nantes .


  • Résumé

    On a trop souvent fait de smith le fondateur de l'economie politique, occultant ainsi qu'il considerait son oeuvre morale (la theorie des sentiments moraux) comme superieure a la richesse des nations et que l'economie relevait toujours, pour lui, de la juridiction de la philosophie morale. En realite, il n'est devenu "economiste" que pour des raisons philosophiques. Il y a un devenir-economie de l philosophie : le marche autoregulateur est l'enigme enfin resolue, la solution enfin trouvee au probleme du fondement d'un lien social durable et optimal. Toutes les theses economiques de smith sont solidaires d'une hermeneutique philosophique du marche. Pour le demontrer, on dechiffrera les vertus du marche autoregulateur en prenant comme fil conducteur l'omnipresence du concept de nature dans la richesse des nations. La societe commercante est l'actualisation du naturel anthropologique, en demeurant conforme a la version smithhienne du droit naturel. Elle incarne l'emergence d'une legalite economique "naturelle" (au sens d'un mecanisme engendrant un resultat inintentionnel qui se revele inconsciemment ordonne au bien public). Mais les analyses de la richesse des nations semblent contredire les resultats de la philosophie morale. D'ou "le probleme d'adam smith". L'examen de la theorie des sentiments moraux montre qu'y coexistent deux modeles : celui de la fondation morale du lien social, par pleine actualisation du dispositif de la moralite naturelle et celui du retrait. La richesse des nations n'est que le devenir "economie" du retrait, comme articulation a minima de l'ordre de la coexistence morale et de l'ordre economique. Solution realiste, de moindre mal qui realise les fins morales, apparemment niees, par d'autres moyens. Ce en quoi reside la diginite philosophique du marche comme heritier quasi dialectique de la moralite naturelle.


  • Résumé

    Adam smith has all too frequently been made the founder of politiqual economy, in a hidden kind of way since he considered his moral work (theory of moral sentiments) as more important than the wealth of nations and since the economy is, for him, always grounded in moral philosophy. In realty, he only became an "economist" for philosophical reasons. There is an evolving process of the transformation from philosophy to economics : the enigma of the self regulating market is finally resolved, the solution is finally found in wich the fundamental problem of a long term social link is optimal. All economic theses are based on a paricular philosophical hermeneutic of the market. In order to demonstrate this thesis, it is intended to uncover the virtues of the self regulationg market, taking as the guideline the ever espace present concept of nature in the wealth of nations. The "commercial society" is the historical manifestation of human nature, with de smith's version of natural law. It embodies the emergence of a system of "natural" economic laws (in the sense of a mechanism tending toward an unintentional state wich reveals itself unconciously orientated towards the public good). But the analysis of wealth of nations seem to contradict the results of the moral philosophy. Hence the "adam smith problem". An examination of the theory of moral sentiments shows that two models exist: one wich links the moral to the social, by fully developing natural morality; and the other by withdrawal. The weath of nations is only the "becoming" part of this withdrawal, a minimal articulation of the order of moral coexistence and the economic order. A realistic solution is one of the lesser evil, which brings about the apparently denied moral ends by other means. It is here that lies the philosophical dignity of the market as the semi dialectic inheritance of natural morality.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol., 618 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 72 ref.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Nantes. Service commun de la documentation. Section Lettres - Sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.