Thèse soutenue

L'évolution de la pensée de Simone Weil sur le rôle du travail dans la vie de l'individu et dans celle de la société

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Auteur / Autrice : Robert Chenavier
Direction : François Heidsieck
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Grenoble 2

Mots clés

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Résumé

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Le travail occupe le centre de l'analyse philosophique, chez simone weil, depuis ses premiers essais, rediges alors qu'elle etait eleve d'alain, jusqu'aux derniers ecrits spirituels. Prolongeant les analyses de ''l'ecole francaise de la perception'', simone weil developpe l'idee que la perception vraie - celle qui permet de faire l'epreuve de la necessite a travers les impressions - est le travail. Cette perspective philosophique - nourrie de descartes et de marx, interlocuteurs a la fois convoques et critiques - est reprise a chaque etape de la pensee weilienne, dans des textes plus militants ou dans des ecrits de reflexion politique, pour montrer que, quel que soit le nom qu'on lui donne - democratie, socialisme, ''civilisation fondee sur la spiritualite du travail'' - le travail constitue le centre de toute conception d'un ordre social souhaitable. La notion de travail permet de relier les differentes etapes de la philosophie de l'auteur, le franchissement d'un seuil, a plusieurs reprises, n'impliquant de sa part ni rupture ni reniement. Il s'agit toujours de perfectionner la methode de lecture, afin de prendre contact avec les differents niveaux de la realite, saisis dans leur verite. En explorant d'une maniere platonicienne les niveaux de l'etre et les degres de connaissance, simone weil presente le travail comme ce qui permet de faire l'epreuve de la veritable articulation entre liberte et necessite, du consentement a la necessite, du malheur et de la beaute du monde. En faisant un bon usage de ces epreuves, on peut atteindre le domaine de la realite surnaturelle. Par la voie de l'analogie et du symbole, realises dans les metiers, le travailleur serait le mieux place pour atteindre la forme superieure de l'attention intuitive, et pour renouer le pacte de l'esprit avec l'univers, pris comme ''metaphore reelle'' dont dieu serait le supreme poete.