Mendiants et vagabonds en Bretagne sud (Finistère sud, Morbihan, Loire Atlantique) au XIXe siècle

par Guy Haudebourg

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Claude Geslin.

Soutenue en 1996

à Rennes 2 .


  • Résumé

    Tous les témoignages du dix-neuvième siècle s'accordent à dire qu'en Bretagne abondent mendiants et vagabonds. Les diverses enquêtes conservées, sans la contredire, nuancent fortement cette idée, d'autant que les limites de l'indigence, de la mendicité ou du vagabondage sont très floues, reflets de situations et de définitions incertaines. Il semble qu'en Bretagne sud la situation aille en empirant d'est en ouest et que la côte soit mieux lotie que l'intérieur du pays. Cette opposition entre Basse-Bretagne (Finistère sud et Morbihan) et Haute-Bretagne (Loire inférieure) se retrouve a la fois dans l'assistance aux indigents et dans la répression de la mendicité et du vagabondage. Alors que la mise en place de structures d'assistance aux indigents (établissements hospitaliers, bureaux de bienfaisance) est très lente à l'ouest de la province, la Loire-inférieure semble suivre le rythme plus rapide du reste de la France. La répression, dépendant étroitement de l'existence de ces structures d'assistance, voit, en conséquence, le même contraste. Même si les conditions économiques expliquent en partie ces comportements différents, la Loire inférieure étant plus riche et plus industrialisée que le reste de la province, le "retard" du Finistère et du Morbihan semble dû à la place du mendiant dans la société bas-bretonne ou, loin d'être rejeté et condamne, il joue un rôle spécifique. Intercesseur privilégié entre la population et dieu, il est présent sur tous les lieux de culte tels les églises, les chapelles, les pardons ou il peut remplacer les pèlerins n'ayant pu se déplacer ; il est facilement hébergé par les habitants - du moins dans son canton -, est un des informateurs principaux des habitants du bocage, sert d'entremetteur et diffuse souvent la culture orale populaire (chants et contes).

  • Titre traduit

    Beggars and vagrants in southern Brittany (departements of Finistere sud, Loire-inferieure, Morbihan) in the nineteenth century


  • Résumé

    Extensive begging and vagrancy in Brittany is reported in all nineteenth century accounts. This conception is not contradicted by the various studies that have been preserved, but strongly qualified, all the more so as the boundaries between, poverty, begging and vagrancy are far from clear and depend largely on local conditions and on the definitions given in those studies. It would seem that begging and vagrancy were more widespread as one went west in southern Brittany, the southern coast, however, fared better than the hinterland. The contrast between the situations in Basse-Bretagne (departements of Finsitere sud and Morbihan) and Haute-Bretagne (the departement of Loire-inferieure) can be seen both in the organisation of relief to the poor and in the restrictions imposed on vagrancy and begging. The organisation of relief to the poor in the form of hospitals and charities was slow in the west of the province. Where as the departement of Loire-inferieure followed the faster pace of development that can be observed in France in general. The enforcement of repression, being closely related to the existence of relief organisms, was also harsher in the west of the province. Even if economic conditions partially account for the above differences - the departement of Loire-inferieure was better-off and more heavily industrialised - the industrial backwardness in Finistere and Morbihan is seemingly explained by the status of beggars in the society of southern Brittany. Far from being rejected and condemned, they played a specific role in society. As intermediaries between the population and god, they were to be seen in such holy places as churches, chapels and pardons (religious processions) which they sometimes attented on behalf of pilgrims who were unable to be bodily present. They had no difficulty finding accommodation locally - at least within the limits of their district - and were the main source of information for people in remoter areas. They often acted as a match makers and they were the vehicles through which the oral popular culture was circulated in the form of songs and tales.

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Informations

  • Détails : 3 vol.(636 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 13-61

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  • Bibliothèque : Université Rennes 2. Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire centrale.
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