Le motif de la mort des dieux à la fin du XIXe siècle : exégèse d'un lieu commun

par Vérane Partensky

Thèse de doctorat en Littérature comparée

Sous la direction de Jean de Palacio.

Soutenue en 1997

à Paris 4 .


  • Résumé

    Ce travail, inscrit dans une perspective comparatiste, tente de réfléchir sur l'idée paradoxale de la mort des dieux et sur ses destinées dans la littérature "fin-de-siècle" où ce motif, hérité du romantisme, parait être devenu un lieu commun. A partir d'une analyse de la notion de mythe, telle que l'élaborent de concert la linguistique et la mythologie comparée au XIXe siècle, on montre comment la littérature en travaillant autour de l'idée de la mort des dieux, construit peu à peu un mythe de la modernité qui métaphorise une crise métaphysique et esthétique et qui répond, terme à terme, à la définition baudelairienne de la modernité - alliage déconcertant de transitoire et d'éternel, de contingent et d'immuable. Cette construction imaginaire, artificielle subversive et contradictoire, inverse la vocation fondatrice du mythe et apparait au contraire, dans le dernier quart du siècle, comme l'instrument d'un travail de sape qui met en cause l'ordre du discours et de la représentation. Défi à la logique du langage, cette locution oxymorique apparait inversement comme une métaphore susceptible de symboliser toute crise et toute disparition, et qui, ainsi banalisée, accomplit la perte de sens qu'elle désigne. Un premier chapitre envisage le sort du discours mythologique au XIXe siècle et la naissance de la science des mythes et montre comment la fin-de-siècle récupère le discours savant au profit d'un questionnement littéraire sur les limites entre vérité et fiction, discours érudit et discours romanesque. Le mythologue Max Muller, en faisant de la mythologie le vestige défiguré d'un mythe originel, en la définissant comme une métaphore dont on aurait oublié le sens, en proposant d'y voir le lieu d'une "décadence du langage", posait les fondements d'une approche littéraire dont la littérature fin-de-siècle s'empare pour construire et théoriser un discours poétique. La distance qui écartèle l'histoire entre origine et décadence se trouve ainsi transposée à l'intérieur de la représentation tant linguistique que picturale et rendue responsable de la distorsion entre les mots et les choses, entre les images et les êtres. On tente de cerner, à travers diverses œuvres de la fin du siècle (Richepin, Laforgue, water Pater, Richard Dehmel, Pierre Louÿs, Émile Zola, Vernon Lee, Nietzsche, Wagner, Mallarmé, etc. . . ) les implications et les enjeux poétiques de ce motif.

  • Titre traduit

    The twighlight of the Gods : exegesis of a typical cliche in fin-de-siècle literature


  • Résumé

    This work, written in a comparative perspective, proposes an attempt to analyze the paradox contained in the idea of the death of gods and their destiny in the literature fin-de-siecle. All through this period, that pattern, heritage of the romantics, has become a real cliche. Starting from an analysis of the notion of myth, in the sense which was first elaborated by linguistics and mythologies of the nineteenth century, we show how the literature makes the death of gods become progressively a real myth of modernity, which gives a metaphorical representation of a metaphysical and esthetical crisis. This imaginary construction, even though artificial, subversive and contradictory, inverts the original vocation of a myth, and conflictingly enough, ends up becoming the instrument of an insidious undermining enterprise of both fields of speech and representation. Taking the anachronism as an enlightening concept, we tempt to analyze how the ideas of myth and modernity could coexist in the end the century. The first chapter focuses on the evolution of mythology in the nineteenth century, and the apparition of the new concept of the "science of myths". We show how the fin-de-siecle literature uses erudition and science as a mean to question the limits between fiction and truth. The second chapter, centered around the emblematic figures of Chenavard, Laforgue and Richepin, asks the question of the death of gods in terms of pictural and literary representation. In the third chapter, we consider the classical themes of the end of antic paganism and the way of survival of the ancient gods within a Christian world. We show how Walter Pater develops such themes to address main esthetic issues. The following fourth chapter is devoted to the literary representation of the art of statues. Among others, Pierre Louys and Vernon Lee's novels tend to limit the existence of gods to simple images, which corrupt their holly nature. The sixth chapter focuses on the attempt to find the divine in the nature, in order to escape the undermining process of history. The sixth and last chapter, centered on Wagner and Nietzsche, concludes on the death of gods as a symbol of the crisis of language which leads the fin-de-siecle to make doubt and absence the principles of any poetic creation.

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