Un malaise irréductible : fonction et procédés du comique dans l'oeuvre dramatique de Carl Sternheim

par Catherine Gicquel-Bourlet

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Jean-Marie Valentin.

Soutenue en 1997

à Paris 4 .


  • Résumé

    Dans l'œuvre dramatique de Sternheim, le comique ne provoque ni le seul sentiment de plaisir associé au comique traditionnel, ni le seul désarroi provoqué par des formes plus modernes de ce genre littéraire, mais l'un et l'autre de ces effets pourtant contradictoires. Aucune catégorie univoque (satire, ironie, caricature. . . ) Ne peut donc rendre compte de sa fonction. Celle-ci consiste précisément à contraindre lecteurs ou spectateurs à aborder l'objet de la représentation sans recourir à aucun système préétabli de valeurs morales ou esthétiques. Le malaise qui résulte du vide ainsi crée est par nature irréductible aux théories communément admises. La sémiotisation du rire dans l'œuvre considérée modélise cette double fonction du comique. Il présente lui-même un avers et un revers indissociablement unis comme les deux faces d'une médaille. L'avers met en œuvre les procédés régulièrement utilisés par la comédie et qui reposent, d'une part, sur des effets de surprise, et, d'autre part, sur l'éventail des possibilités offertes par la répétition. Le revers consiste premièrement à pratiquer la provocation et, deuxièmement, à exhiber sans concession, et avec une indifférence au moins apparente la "vérité" des rapports entre les hommes. Un usage particulier du grotesque est le plus souvent le moyen de cette exhibition; il fait apparaitre entre autres choses ce qu'il peut y avoir de mécanique ou animal dans les comportements réputés humains. Aucune dialectisation n'est possible entre l'avers et le revers. Les héros de l'œuvre dramatique sternheimienne ne sont ni comiques au sens traditionnel du mot, ni grotesques, ni absurdes. Ils sont ce qu'ils sont sans que cette affirmation de leur "nuance propre" ne souffre aucune appréciation morale ou esthétique. Et le comique sternheimien n'a d'autre but que d'inciter à les imiter dans cette irréductible singularité.

  • Titre traduit

    An implacable malaise : function and devices of the comic in the dramatic work of Carl Sternheim


  • Résumé

    In the dramatic work of Sternheim, the comic does not provoke either the unique sentiment of pleasure associated with the traditional comic or the disarray provoked by more modern forms of this literary genre, but both of these opposite effects. It is the reason why none of the univocal categories like satire, irony, caricature can take into account its function. This consists precisely in constraining the spectator or reader to tackle with the object of dramatic performance without appealing to any pre-established system of moral or esthetic values. The malaise which results from this void is by definition irreducible to theories commonly admitted. The semiotization of laughter in the mentioned work modelises the double function of the comic. The comic itself presents an observe and a reverse undissociably united like two faces of a medal. The observe side implements the processes regularly used by the comedy and based on the one hand on the effects of surprise and, on the other hand, on the range of possibilities proposed by repetition. The reverse side consists first in practicing provocation and, then in exhibiting without concession and with at least an apparent indifference the "truth" of human relations. A particular use of the grotesque is most of the time the means of this exhibition; it reveals among other things the part of what is animal or mechanical in the so-called human behavior. None dialectisation is possible between observe and reverse. The heroes of the dramatic work of Sternheim are neither comic in the traditional meaning nor grotesque, nor absurd. They are what they are and their "eigene nuance" doesn't bear any moral or esthetic appreciation. The comic of Carl Sternheim has no other aim than urge one to imitate them in their way of being themselves.

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Informations

  • Détails : 1 vol., 439 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 101 ref.

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