Le bijou sentimental en France : 1769-1839

par Valérie Goupil

Thèse de doctorat en Art et archéologie

Sous la direction de Jean-Claude Lebensztejn.

Soutenue en 1996

à Paris 1 .


  • Résumé

    Dans la première partie, nous retraçons, tout d'abord le contexte de l'apparition de l'adjectif "sentimental" et son évolution ; puis nous définissons son sens, sa notion au XVIIIe siècles, et ses conséquences sur le plan esthétique. Dans la deuxième partie, nous mettons en correspondance et en valeur cette notion avec l'objet et le bijou. Un objet devient "sentimental" dans la mesure où il témoigne d'une séparation provisoire ou définitive, en même temps qu'il tente de la conjurer. Offert, échange, il rappelle par les émotions que sa présence suscite, un être aimé disparu. Cette évocation est d'autant plus intense quand l'objet transforme en bijou, est porté sur soi - ou même sur la peau. Le bijou sentimental permet ainsi de rester physiquement "en contact" avec celle ou celui que l'on désire désespérément conserver près de soi. Il est la marque, la garantie, la matérialisation du lien, de l'existence du sentiment de l'amour ou (et) de l'amitié. Il est le signe d'un paradis qui brille plus par son absence que par sa présence. Dans la troisième partie, nous nous attardons sur "les morceaux", "les fragments", de ces êtres disparus, qui pense-t-on alors, permettent de les rendre "plus présents" encore. L'objet réalisé avec, ou à partir de ces "précieux restes" de l'être cher, permet de resserrer l'écart entre l'original et la copie. Il ne s'agit donc nullement de nier cet écart - imitatif - mais de recréer à l'aide du support qu'est le bijou sentimental, une image sensible de la personne absente. En conclusion, l'homme sentimental menace, confronté douloureusement à l'alterité, à la perte, privilégie le sentiment, langage de l'unité, afin de retrouver cette dernière. La mort même, n'est qu'une séparation momentanée pour celui qui reste, car bientôt il rejoindra l'autre pour une union éternelle.

  • Titre traduit

    Sebtimental jewellery in France : 1769-1839


  • Résumé

    In the first part, we relate the context for the appearance and evolution of the adjective "sentimental" ; then we make a definition of it, its meaning in the xviiith century and its consequences on an aesthetic level. In the second part, we put this notion in the relation and we enhance it with the objet and the jewellery. An object can become "sentimental" in the way that it shows a temporary or final parting in the same time as it tries to cast it out. When it is offered or exchanged, it reminds one of a loved and departed person through the emotions that it brings up. This recalling is all the more intense when the object is a jewel one wears - and above all when it is on the skin. Sentimental jewellery allows us to remain physically "in contact" with the man or woman that we desperately wish to keep close to. It is the mark, the promise, the materialization of the bound, of the persistence of the feeling of love or (and) friendship. It is the sign of a paradise that shines more by the absence than by the presence. In the third part, we linger on the "pieces", the "fragments" of the departed that, as it is said, make them "even more" present. The object made with or from those "precious remains" of the beloved, tightens the distance between the original and the copy. The aim is consequently not to deny this distance, but to recreate, from the help represented by the jewel sentimental, a perceptible image of the missing person. As a conclusion, the sentimental man when he is threatened, painfully confronted with alterity, losss, favours felling as an expression of unity so as to find it again. Death itself is only a momentary separation for the one who remains because he will soon meet the other again for an eternal union.

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  • Détails : 1 vol. (397 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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