Controle, conflit et cooperation dans l'entreprise : les regimes de mobilisation de la force de travail

par Thomas Coutrot

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Michel Vernières.

Soutenue en 1996

à Paris 1 .


  • Résumé

    Pour assurer la transformation de la force de travail en travail effectif et la reproduction elargie du capital, les entreprises doivent surmonter simultanement l'incertitude marchande, par une strategie de competitivite ; l'incertitude organisationnelle, par des modes de coordination et de controle du travail ; l'incertitude sociale, par un mode de regulation sociale. L'action collective est la source, simultanement et inseparablement, du conflit et de la cooperation ; elle repose sur une rationalite communicationnelle, irreductible a la rationalite instrumentale neo-classique, et qui anime les membres d'une communaute de travail. La "theorie de la contingence elargie" enonce les conditions de coherence entre les modes de traitement des trois incertitudes, et permet de degager un nombre limite de configurations coherentes de regles : les regimes de mobilisation de la force de travail (paternaliste, liberal, professionnel, fordistes, toyotiste, neo-liberal). Leur emergence et leur stabilisation au sein d'un ordre productif sont determinees historiquement, par les conflits de classes et les eventuels compromis institutionnalises qui en resultent. L'efficacite economique relative des divers regimes depend a la fois des conditions de la concurrence, de la technologie et des rapports sociaux de classe. L'analyse empirique, menee a l'aide de l'enquete statistique "reponse", n'infirme pas la "theorie de la contingence elargie", et montre la predominance en france, dans le secteur internationalise, d'un regime "neo-fordiste", ou les directions d'entreprises laissent davantage d'autonomie aux salaries tout en renforcant les controles et prescriptions. Le regime theorique neo-liberal de mobilisation de la force de travail force la cooperation des salaries, malgre la disparition des collectifs de travail sous l'impact d'une flexibilisation poussee de l'emploi, et grace a la pression qu'imposent un marche du travail plethorique et la mobilite des capitaux sur un marche financier mondialise et deregule ; il n'apparait pas encore dans les donnees mais pourrait prendre une importance croissante a l'avenir.


  • Résumé

    In order to transform labour power into effective labour and to reproduce the invested capital, firms have to cope simultaneously with : market uncertainty, through a competitive strategy ; organizational uncertainty, through work control and coordination ; and social uncertainty, through social regulation. Collective action is simultaneously and inseparably, the source of conflict and cooperation ; it bases itself on a communicational rationality (which cannot be reduced to neo-classical instrumental rationality), shared by the members of a work community. The "extended contingency theory" enonciates the conditions for the congruence between the different rules firms can use in order to cope with the three basic uncertainties. This theory generates a limited number of coherent configurations of rules : the regimes of mobilization of labour force - paternalist, liberal, professional, fordists, toyotist, and neo-liberal -. Their genesis and stabilization within a productive order are historically determined, through class conflicts and the institutionalized compromises they occasionally produce. The relative economic efficiency of each regime depends on the conditions of competition, technology and social class relationships within and outside the firm. Empirical analysis, performed with the "reponse" statistical survey, is consistent with the extended contingency theory, and shows that world competing french establishments use a "neo-fordist" regime, where management leaves a higher degree of autonomy to workers in a "lean production"-like system, and at the same time reinforces controls and prescription. After work communities have been destroyed through intensive job flexibility and mobility, the theoretical neo-liberal regime of mobilization forces workers cooperation, through the pression imposed by a plethoric labour maket and highly volatile capital, operating on a globalized and deregulated financial market. It is not yet visible in the data as such but its empirical relevance could grow in the future.

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