Différenciations comportementales dans des groupes de souris placées en situation de difficulté d'accès à la nourriture : influence de facteurs individuels et des caractéristiques de l'environnement : comparaison de deux souches consanguines

par Amine Nejdi

Thèse de doctorat en Neurosciences

Sous la direction de Jean-Louis Davrainville.

Soutenue en 1996

à Nancy 1 .


  • Résumé

    Une structure sociale représente la résultante des comportements différenciés des individus qui la constituent. Les facteurs qui influencent ces comportements devraient donc participer, eux aussi, à l'élaboration et au maintien de l'organisation sociale. Pour tester cette hypothèse, nous avons mis au point une situation expérimentale dans laquelle des souris regroupées par quatre se différencient en plusieurs catégories comportementales. La situation consiste à interposer entre la cage d'habitation et l'unique source de nourriture un élément aversif, en l'occurence une piscine dans laquelle les souris sont obligées de se mouiller avant d'atteindre la mangeoire. Cette contrainte imposée augmente progressivement en 4 phases, au terme desquelles les souris de chaque groupe se différencient en 3 catégories comportementales : - Transporteur Majeur : souris qui surmonte la contrainte et rapporte plus de 80% de la nourriture nécessaire au groupe ; - Transporteur Occasionnel : souris qui surmonte, elle aussi, la contrainte mais ne rapporte que moins de 20% de la nourriture et en dérobe le reste à ses congénères pour satisfaire ses besoins alimentaires quotidiens ; - Non-Transporteur : souris qui ne rapporte de la mangeoire aucune croquette de nourriture et se contente de dérober à ses congénères la nouriture dont elle a besoin. Si ces différenciations comportementales sont insensible à l'âge et au sexe de la souris, nous avons montré qu'elles sont dépendantes, au moins, de 3 grands facteurs : 1- les contraintes physiques : nous avons montré que les différenciations des souris sont d'autant plus importantes que la contrainte imposée augmente. Elles dépendent aussi de la phase lumineuse pendant laquelles les expérimentations se déroulent. Ainsi, les souris testées pendant la phase nocturne se différencient moins que celles testées pendant la période diurne ; 2- l'état émotionnel des souris : il existe une relation étroite entre les 3 profils comportementaux cités ci-dessus et les niveaux émotionnels des souris estimés par le test du labyrinthe surélevé. En effet, c'est la souris qui a le degré émotionnel le plus bas du groupe qui adopte le profil de Transporteur Majeur. De plus, le passage dans cette situation provoque l'augmentation des niveaux d'émotivité de toutes les souris ; 3- le patrimoine génétique : nous avons comparé les différenciations comportementales de deux souches consanguines les C57 BL et les C3H/He, qui diffèrent essentiellement par le niveau d'activité physique et l'état émotionnel. Les différenciations dans la souche C3H/He, physiquement moins active et dont l'état émotionnel et plus important, sont plus prononcées que celles de la souche C57 BL. Ces résultats confirment donc l'hypothèse de départ, et montrent le caractère multifactoriel (facteurs individuels, génétiques, ontogénétiques et environnementaux) du déterminisme des différenciations comportementales qui sont à la base des structures sociales.

  • Titre traduit

    Behavioral differentiation of grouped mice subjected to restricted access to food: effect of individuel characteristics and environmental constraints: comparison of two inbred strains


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Informations

  • Détails : 1 vol. (167 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 154-167

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