Logique internationale et logique étatique : l'impossible capture de l'humanité

par Agnès Lejbowicz

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Claude Lefort.

Soutenue en 1996

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    Loin de deplorer la carence du droit international en le considerant comme un droit deficitaire parce qu'il n'aurait pas la meme force de coercition que le droit etatique pour se faire respecter, il nous importe de cerner comment il parvient a resister a la logique de l'etat, pour empecher la mutation de la communaute humaine en un unique super-etat. La logique de l'etat, comme logique du pouvoir, s'oppose a la logique de la societe internationale comme logique de l'egalite (egalite des etats, des organisations internationales et des individus) et logique de la dispersion des pouvoirs. La societe internationale est une societe civile en expansion qui fait contrepoids a la logique etatique. Le droit international legitime la souverainete des etats, de tous les etats, et tend, en raison de son principe de base qui est celui de l'autodetermination des peuples, a en accroitre le nombre et non a transformer la scene internationale en une scene politique unique. Ainsi la logique internationale n'efface en rien la logique etatique, au contraire, elle la suppose et s'appuie sur elle : elle en est le complement, l'envers, le defaut, mais aussi la vertu et le miroir. Le droit international nous dit l'interet qu'il y a a garder la figure multiple des etats, car le partage des terres en territoires soumis aux pouvoirs etatiques permet la stabilisation des populations, leur confere une identite et organise leur errance sans toutefois l'enrayer. Tout en se definissant donc par une logique contraire a la logique etatique, le droit international offre un nouvel espace d'intelligibilite de la democratie.

  • Titre traduit

    International logic and state logic - the impossible capture of humanity


  • Résumé

    We cannot deplore the weakness of international law because it does not have the same coercive force to make itself respected as state law has. It is important to discover how it resists the logic of state and keeps the human community from being transformed into a single super-state. The logic of state as a logic of power is opposed to the logic of the international society as a logic of equality (equality of states, international organisations and human beings) and the logic of the dispersion of powers. The international society is an expanding civil society which counter-balances state logic. International law strengthens the legitimatization and sovereignty of states, of all states and, because of its basic principle, which is that of self-determination of nations, tends to increase their number rather than transforming the international scene into a single political scene. International logic does not erase in any way state logic, on the contrary it implies it and relies on it. It is the complement, the reverse, the fault, but also the virtue and the mirror of it. International law tells us what interest there is in keeping the multiple figure of states, for the division of land into territories permits the stabilization of populations, gives them an identity and organizes their wandering without preventing it however. So, international law, while defined as a logic contrary to the state logic, offers us a new understanding of democracy.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 552 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Centre Technique du Livre de l'Enseignement supérieur (Marne-la-Vallée, Seine-et-Marne).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : I 4= 18888
  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne. Fonds général.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TMC 4946
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.