Projet idéologique et mise en récit : le "Prisonnier" ou le culte d'un malentendu ?

par Philippe Le Guern

Thèse de doctorat en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Jacques Dugast.

Soutenue en 1995

à Rennes 2 .


  • Résumé

    Réalisée au milieu des années soixante, la série britannique "le prisonnier" sursume la forme fictionnelle alors dominante du récit d'espionnage pour proposer une version esthétiquement et idéologiquement novatrice du genre. Critique politique d'une société planifiée par l'Etat providence, la série reflète un monde embrouille, transitoire, notamment marque par un bouleversement des rôles de classe. Cette recherche s'emploie tout d'abord, défétichisant l'illusion largement entretenue d'une originalité absolue, à replacer le palimpseste du prisonnier dans la postérité d'un corpus transtextuel principalement balisé par les oeuvres de Carroll, de Kafka et de Chesterton. Il s'agit ensuite de souligner l'ambition, mais également les limites d'une oeuvre qui entend dénoncer toute forme de contrôle social des libertés individuelles, faisant écho aux fantasmes scientifico-technocratiques qui imprègnent la majorité des séries a la même époque : limites liées tant à l'épreuve de la figuration à laquelle se heurte la nécessité didactique du projet idéologique qu'aux contradictions que ne manque de susciter la série, tiraillée entre l'affirmation individualiste d'une part et l'intérêt collectif d'autre part. En dernière analyse, la thèse envisage les effets de réception produits par cet objet spécifique qu'est la série télévisée, soulignant en particulier les modes de légitimation qui en définissent la qualité proprement "culturelle" par la transposition de schémas dont on se demandera jusqu'à quel point ils ne sont pas hérités de la vision avant-gardiste de l'art dans la sphère des productions populaires.

  • Titre traduit

    Ideological project and narration : the prisoner or the cult of a misunderstanding?


  • Résumé

    "The prisoner" is a British TV serial that was released in the mid-sixties. It transcends the fictional form then dominating the spy narrative in order to propose an aesthetically and ideologically innovative version of the genre. As a political criticism of the welfare state society, this TV serials reflects a scrambled, transitory world, particularly marked by a upheaval in the class functions. To begin with, this research demythifies the largely propagated illusion of an absolute originality and replaces the palimpsest of the prisoner in the posterity of a transtextual corpus mainly delineated by the works of Carroll, Kafka and Chesterton. Secondly, the dissertation underlines the ambitions but equally the limits of a work that intends to denounce all forms of social controls, echoing the scientific and technocratic phantasms which permeates the majority of the sixties serials. Those limits are linked with the test of representation against which the ideological project stumbles, and the contradictions that the serial conjures up. Lastly, the research takes into accord the reception effects produced by the specific object which the TV serials is : it particularly underlines the legitimisation effects which define the serial as a cult, by transposing advanced vision of art in the sphere of popular creations.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (501 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 480-494. Index. Table des illustrations

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