Représentations et construction de « l'habitant » des quartiers disqualifiés

par Lucie Melas

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Marion Segaud.

Soutenue en 1995

à Paris 10 .


  • Résumé

    Les représentations des populations dans les textes des politiques urbaines sous-tendent une certaine production de la ville influence par une longue tradition utopique des planifications. Un retour au principe de la bonne ville s'impose en permanence. L'intervention urbaine conduit à restaurer sur ces quartiers, symboles d'une anti-urbanité, un certain ordre urbain, à réimposer un ensemble de normes et de valeurs jugées déficitaires. La requalification spatiale d'un lieu s'accompagne en fait avant tout de la requalification sociale de sa population comme le montre l'exemple des minguettes. Dans ce cadre, une représentation collective des habitants s'impose comme paradigme du pauvre, du marginal, du délinquant, de l'exclu. Les processus de stigmatisation tendent à fabriquer ainsi une nouvelle catégorie d'exclus. En ce sens, nous pouvons parler d'une certaine < ethnicisassions> de l'exclusion dans la mesure où les habitants sont censés former un groupe homogène. Face à ces identités qui leur sont assignées du fait d'un lieu de résidence désigné socialement ils développent des stratégies pour se construire une image d'eux-mêmes acceptable et négocier leur présence dans le quartier. Ils recomposent ainsi le rapport entre identité et désignation sur un autre mode que sur celui de l'imposition de sens. Ils développent des modalités composites d'affirmations individuelles et collectives notamment par l'organisation de groupements dichotomiques nous eux.


  • Résumé

    The population representation in the texts of urban politics is influenced by a long tradition of utopian planning. A return to a <good town> principle is necessary permanently. Urban intervention leads to restoration of these districts which have become emblems of the <bad development> of our towns. The ultimate aim of an intervention on an urban space is above all its population, as the minguettes district demonstrates. From this viewpoint, a collective representation of inhabitants becomes a paradigm of the poor, the marginal, the have-nots and the delinquent. Stigmatization creates a new category of have-nots. In this way, we can talk of an <exclusion ethnicization> because inhabitants are supposed to form a homogeneous group. So, inhabitants develop strategies to construct an acceptable picture of them and to negotiate their presence in the district. They reconstruct differently the relation between identity and designation. They develop heterogeneous individual and collective identities by organization of a dichotomy of social groups namely us them.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (588 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.536-552

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 95 PA10-139
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