La poésie moderne comme parole mythique : Rimbaud, Eluard, Jbes

par Anne Abravanel

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Françoise Gerbod.

Soutenue en 1995

à Paris 10 .


  • Résumé

    Nous montrons que la poésie moderne, comme le mythe, vient pallier, par son pouvoir créateur de réalisation des images, les vides de la pensée. Elle substitue ainsi aux impenses du réel, une réalité ordonnée par la pensée mythique. L'impense se trouve en effet à l'origine de l'invivable, car il génère l'incapacité à nommer les choses et confronte l'être a un état de vertige. Cet état invivable entraine la nécessite d'un passage dans lequel le poète nie les structures du monde invivable, constituées de l'espace et du temps, et procède a l'invention d'un autre espace-temps se formant dans une écriture capable de l'exprimer. Celle-ci met en scène le poète dans le mythe de ses origines qui l'arrache du monde invivable. Le passage constitue une période de gestation faisant naitre le poète avec de nouvelles racines, ancrées dans un nouvel espace-temps. C'est ainsi que l'écriture fonde l'existence, car le poète est à l'origine d'un lieu auquel son imaginaire a donné forme. Elle fixe en effet ce que l'imagination a construit dans la rêverie, se trouvant ainsi à l'origine de la réalisation de cette rêverie. C'est en cela que l'on apparente l'écriture au nominalisme, en tant que réalisation des images substituées aux éléments du réel invivable. Quand, en effet, la pensée discursive montre ses limites, elle se trouve relayée par une pensée symbolique qui substitue aux concepts du discours, les images issues de l'imagination. Ce travail contient une partie épistémologique, ou nous définissons le mythe et la poésie moderne, que nous rapprochons dans une axiomatique convergeant vers la problématique constituée du plan. Celui-ci considère les trois phases dans lesquelles se développe l'écriture: l'écriture, le passage, et l'existence par l'écriture. C'est ainsi qu'une partie de lectures fait évoluer les œuvres de Rimbaud, Éluard et Jabès selon ces trois périodes constitutives de la parole mythique. La conclusion expérimente ces lectures sur les œuvres de Michaux. . .

  • Titre traduit

    Modern poetry as a mythical speach : Rimbaud, Eluard, Jabès


  • Résumé

    We demonstrate that modern poetry, like myth, compensates for blanks in through its image making creative power. It thus replaces real non-thinking with a reality ordered by mythical thinking. No thought in fact is the origin of non-life, because it generates an inability to name things and confounds the individual with a state of vertigo. This state of non-life creates the need for a transition in which the poet denies the structures of the nonviable works, made up of space and time, and proceeds to invent another space-time taking form in writing capable of expressing it. This places the poet in the myth of his origins which removes him from the non-livable world. The transition is a gestation period in which the poet is born with new roots, anchored in a new space-time. In this way writing funds existence, as the poet creates a place which his imaginary has formed. It fixes what the imagination has built in musing, thus bringing about the realization of this reverie. That is how writing is compared to nominalism, as a realization of the images replacing the elements of the non-livable reality. So when discursive thought reaches its limits, it is relayed by symbolic thought replacing the concepts of speech, the imaging issuing from the imagination. This work contains an epistemological part, where we define myth and modern poetry, which we bring together axiomatically converging towards the problematic constituted in the plan. It considers the three phases in which writing develops: the non-livable, the transition, and the existence through writing. In this way certain interpretations show the work of Rimbaud, Eluard and Jabès evolving in accordance. . .

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Informations

  • Détails : 1 vol. (404 f .)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.388-399. Notes bibliogr.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 95 PA10-043
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