Les syndicalistes parisiens et la guerre, 1908-1914 : une étude des pratiques militantes et des mentalités collectives
| Auteur / Autrice : | Haeng-Seon Shin |
| Direction : | Jean-Louis Robert |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance en 1995 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Dans les années précédant 1914, la C. G. T. Avait exprimé sa volonté ferme d'empêcher la guerre par tous les moyens. Mais le jour de la mobilisation générale, la plupart des militants syndicaux s'en allèrent rejoindre leurs unités dans un élan d'union sacrée. Pour bien comprendre le processus d'entrée en guerre des syndicalistes parisiens, nous avons analysé les pratiques militantes de la base et leurs échos. Le plus grand nombre de réunions et de convocations se situent en 1911-1912, années où la tension internationale fut très augue. Cela montre la corrélation entre l'élan de la lutte contre la guerre et la crise internationale. Cependant un mouvement d'opposition à la guerre de grande envergure apparut surtout à la suite de l'appel des organisations centrales. Les militants des secteurs censés être réformistes, comme les chemins de fer, ne dissimulaient pas leur patriotisme profond, restant fidèles à l'idée antimilitariste corporative et internationaliste. Du côté des militants appartenant à la tendance révolutionnaire, ils étaient loyaux tant envers la notion de classe qu'envers celle de patrie. Même les plus ardents défenseurs de la propagande antimilitariste et révolutionnaire étaient patriotes, sans toutefois jamais renoncer à être internationalistes et rejeter la notion de classe. Les antipatriotes, au sens propre du terme, étaient donc très peu nombreux. La possibilité de mener campagne pour une action ''sociale'' ne fut pas rendue facile à partir de 1913. On parlait d'une lassitude des militants à l'égards d'actions infructueuses qui se répétaient. Les secteurs les plus actifs, comme le bâtiment, se trouvaient d'ailleurs affaiblis à la veille de la guerre, de sorte que la guerre éclata dans un climat de moindre dynamisme. Ainsi la conjonction de deux facteurs à la fois structurel et idéologique, constitue un élément important de la compréhension de l'histoire d'aout 1914.