La coarticulation mandibulaire comme principe d'organisation syllabique en arabe de Fès et en français

par Najah Rhardisse

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Michel Contini.

Soutenue en 1995

à l'Université Stendhal (Grenoble) .


  • Résumé

    Lindblom a etabli une correlation entre le deplacement mandibulaire des consonnes et leur degre d'adherence au noyau vocalique. Keating a correle la moyenne du deplacement mandibulaire des segments et leur variabilite relative, soit un parametre que nous appelons indice de coarticulabilite des segments. En dehors du fait que les consonnes sont mandibulairement moins resustantes que les voyelles et nnon l'inverse, cette relation pourrait sans doute rendre compte de la propension des sons a occuper les places syllabiques les moins adherentes au noyau vocalique (s dans strate) et leur propension maximale a la coarticulation lorsque ces memes segments se retrouvent au contact de la voyelle (s dans sale), dans le cas le plus courant. Nous avons enregistre le deplacement vertical de deux francais et de deux marocains. Nos segments tests sont (i) et (a) pour les positions extremes de hauteur vocalique et (s) et (l) pour les positions consonantiques extremes. Trois facteurs ont ete manipules pour influer sur la position mandibulaire : la quantite consonantique, le debit et les contextes. Les mesures verticales sont prises aux environs du centre acoustique de chaque segment. Nos resultats, confirment ceux du suedois et de l'anglais, en verifiant cet ordre sur l'echelle mandibulaire en allant du plus bas au plus haut soit : (a) <(l) <(i) <(s). Cet ordre resiste etonnamment a la difference de langue, de metrique, de locuteur et de debit. En ce qui concerne la coarticulabilite, la laterale est en fait la plus variable des quatre segments, sans pour autant changer la correlation globale de l'anglais et du suedois, definie par keating. En effet les deux patrons donnes par nos resultats, ainsi que ceux de keating, ne sont pas lies a la langue mais tracent un schema individuel inter-langues. Finalement, il est possible d'obtenir, apres normalisation des moyennes et de la variance, une parfaite correlation entre les rangs de hauteur et les rangs de coarticulabilite. Les implications generales de ces resultats pour la constituance naturelle de la syllabe, devraient repondre aux questions soulevees par les phonologues concernant l'echelle de sonorite.

  • Titre traduit

    Mandibular coarticulation as a principle for syllable organization in moroccan arabic and french


  • Résumé

    Lindblom evidenced a correlation between adherence of consonants to vowel nucleus and mandibular height displacement. Keating correlated mean jaw displacement with relative variability using this last parameter for what we called a coarticulability index for the segments. Apart from preserving the intuition that consonants are more assimilated by vowels than the reverse, this relationship is actually usable to explain both propensity for consonants to set more or less far apart from the vowed within the syllable (like s in straight) and their propensity to coarticulate maximally (relatively) enough when the same segments occur close to the vowel (s in sane), which is the most frequent case. We recorded vertical displacement for two french and two moroccan subjects. Test segments were (i), (a) for extreme vowel height and (s), (l) for extreme consonantal closure. Three factors, supposed to influence mandibular height, were manipulated : consonantal quantity, rate and mutual context. Our resulkts display the relationship previously found for swedish and english. Segments rank from loxw to high in increasing order as follows : (a) <(l) <(i) <(s). As concerns coarticulability, the lateral is in fact the most variable of the four segments investigated, without changing for french and arabic, the global correlation found by keating for english and swedish. In fact the two patterns we found in our data, and keating's ones, were not specific to any language but to individuals across languages. Finally it was possible after normalizing mean and variance, relative to each individual mandibular range, to evidence a perfect general correlation between height rank and coarticulability rank. General implications of these results for the natural constituency of the syllable are considered, in coping with problems raised by different phonologies regarding sonority scale.

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