Communisme et politique frontiste des origines du front unique a son application francaise 1919-1927

par Philippe Guillemin

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Jean-Pierre Colin.

Soutenue en 1994

à Reims .


  • Résumé

    La constitution en mars 1919 de la iiieme internationale communiste concretise une double certitude : la revolution sera mondiale et s'annonce imminente. La mise en place des differentes sections nationales, consecutive a ce postulat, s'inscrit alors dans un contexte rapidement contradictoire : celui d'une revolution introuvable. Ainsi en est-il du parti francais ne en decembre 1920 d'une scission difficile. La necessite de conquerir les masses que le communisme etait suppose conduire, inspire alors a lenine au iiieme congres de juillet 1921 une politique d'adresse a la social democratie afin de seduire une classe ouvriere que majoritairement elle inspire encore. Cette politique frontiste - vouee a souligner la capacite des partis communistes a etre exemplaires dans l'action - va echouer, d'abord sur le refus francais de s'allier a ceux dont on venait a peine de se separer, ensuite sur l'interpretation sectaire et gauchisante imposee par les instances de l'internationale presidee par zinoviev. Le centrisme stalinien et la these du "socialisme dans un seul pays" proposee fin 1924 devaient pourtant permettre de l'automne 1925 a l'ete 1927 d'initier les premisses d'une politique frontiste plus effective. Desormais convaincu de devoir prendre en compte la realite social democrate et de pratiquer une alliance plus constructive, le parti communiste francais imaginait a peine les formes possibles d'une reelle politique frontiste que l'internationale stalinienne imposait le tournant radical du "classe contre classe" de novembre 1927. En fait, avant l'avenement du front populaire, le parti communiste francais - isole - n'avait pas conquis sa base populaire.


  • Résumé

    The constitution in march 1919 of the third communist international gives concrete expression to a twofold certainty : the universality and the imminence of the revolution to come. The setting up of the various national sections, resulting from this postulate, takes place in a rapidly contradictory environment : that of the unattainable revolution. Such is the case for the french party, which springs from a painful split in december 1920. The necessity to conquer the masses that communism is supposed to lead, inspires lenin to launch, during the third congress in july 1921, a policy of address to socialdemocracy, in order to seduc a working class the majority of which still relies on it. This frontist policy - aiming at highlighting the capacity of communist parties to exemplary action - will fail, owing first to the french refusal to enter into an alliance with those they have just seceded from, then to the sectarian and ultra-leftist interpretation imposed by the authorities of the international, under zinoviev. Stalinian centrism and the thesis of "single-country socialism" which arise late in 1924 are yet to allow the initiation of the premises of a more effective frontist policy, from the autumn of 1925 to the summer of 1927. Henceforth convinced of the necessity to take into account the social democratic reality and to practise a more constructive alliance, the french communist party is hardly imagining the various ways to a real frontist policy when the stalinian international imposes the radical move to "class versus class" in november 1927. In fact, before the advent of the popular front, the french communist party, highly isolated, has not conquered its popular rank and file.

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