Le travail intérimaire en République Fédérale d’Allemagne de 1967 à 1982 : analyse d'un échec programmé

par Brigitte Lestrade

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Fréderic Hartweg.

Soutenue en 1994

à Paris 10 .


  • Résumé

    Cette étude se propose d'examiner l'évolution en Allemagne du travail dit intérimaire, dont la principale particularité est l'existence de relations triangulaires entre trois acteurs, l'agence d'intérim, le travailleur intérimaire et l'entreprise cliente. Elle part du constat que l'intérim a en Allemagne un volume très inférieur à celui qu'il a atteint dans les autres pays industrialises ou il est autorisé. Pour cerner ce phénomène, ont été étudiés les facteurs de la société allemande qui ont contribué à façonner l'environnement de l'intérim. De l'étude de ces éléments se dégage un constat qui éclaire d'un jour particulier l'attitude des allemands vis-à-vis du travail salarie. Le gouvernement de centre-gauche, faute de pouvoir interdire l'intérim, s'est applique, avec le soutien actif de la confédération syndicale (dgb), a le soumettre à un ensemble de dispositions tel que le fonctionnement dans la légalité des entreprises de travail temporaire est très difficile. L'AUG impose en effet à l'agence d'intérim d'être l'employeur de ses intérimaires qu'elle doit recruter en principe sur la base de contrats a durée indéterminée. Quoique cette négation du caractère passager de l'intérim et l'oblitération des fonctions patronales de l'entreprise cliente vis-à-vis de l'intérimaire fassent problème, il est constaté que cette situation reflète un consensus global en Allemagne face au travail précaire. L'attitude du gouvernement de centre-droit qui, après son arrivée au pouvoir en 1982, a à peine infléchi le cadre légal de l'intérim, ainsi que celle du patronat qui n'intègre guère le travail temporaire dans son instrumentaire de flexibilisation du personnel, en sont des illustrations. La volonté des allemands est de privilégier le travail permanent ; aussi n'ont-ils pas hésite à concevoir un cadre légal conduisant a d'étranges contorsions ceux qui y sont soumis, et à subordonner l'intérêt de la frange de la population intéressée par cette forme de travail précaire a la défense d'une

  • Titre traduit

    Temporary work in the Federal Republic of Germany from 1967 to 1982 analysis of a programmed failure


  • Résumé

    The objective of this thesis is to study the development in Germany of temporary work, the main characteristic of which is the triangular relationship existing between three actors, the temporary work agency, the temporary worker and the user firms. Its starting point is the fact that temporary work in Germany between 1967 and 1982 never reached the numbers that exist in other industrialized countries where it is allowed. In order to analyze this phenomenon, all the factors of German society apt to shape the environment of temporary work have been the object of study in this work. The analysis of the influence of all these factors shows that the Germans have a peculiar attitude towards paid work. The left of center government, being in no position to forbid temporary work, applied itself with the active help of the DGB trade union to create a legal framework which made it very hard for temporary work agencies to function legally. The German law on temporary work requires the agencies to be the only employer of its temporary workers whom they have to recruit in principle on the basis of unlimited work contracts. Although this denial of the short-lived character of temporary work and the obliteration of the duties pertaining to the employer of the user firms are conducive to problems, it has been found that this situation mirrors a global consent in Germany towards precarious workforms. It is illustrated by the attitude of the right-of-center government which, when it came to power in 1982, hardly touched the legal framework of temporary work and that of German employers who don't

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Informations

  • Détails : 3 vol. (XV-952, VIII-198 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.896-952.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 94 PA10-16
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