La pratique révolutionnaire du progrès technique : de l'institution de la recherche militaire en France (1775-1825)
| Auteur / Autrice : | Patrice Bret |
| Direction : | Michel Vovelle |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance en 1994 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Sur fond de révolution chimique et de révolution française, le demi-siècle qui sépare la création de la régie des poudres sous Lavoisier (1775) de celle de l’école centrale de pyrotechnie à Metz (1824), est marqué par une rupture culturelle qui modifie les rapports entre science, technique, politique et armée. Une politique de recherche appliquée de type moderne apparait avec l’initiative de l’état, la rationalisation, la conception hors du système technique dominant dans des structures collectives liant science et technique, enseignement et recherche. La rationalisation des personnels (écoles d’ingénieurs), et des matériels (artillerie, marine) se poursuit jusqu’à a la révolution. En mobilisant les savants, le comité de salut public lance les premiers programmes de recherche militaire (poudre chloratée, obusn aérostation, télégraphe), surtout à Meudon, tout en orientant la recherche privée (1793-1794). Napoléon poursuit le mouvement (poudres, fusées, cartographie). La restauration normalise l’appel aux savants et aux ingénieurs savants polytechniciens dans des institutions permanentes - comité consultatif des poudres (Gay-Lussac, 1818 ; Berthelot, 1873), laboratoires, écoles - tandis que le modèle français gagne la Pologne (fusées), la suède (poudre), les États-Unis (pièces interchangeables). L’appel à l’invention privée resurgit en cas de crise (1870, 1914). Ce double héritage révolutionnaire aboutira au centre national de la recherche scientifique appliquée (CNRSA) en 1938.