Les chrétiens et l'histoire de la patrie romaine : les interpretations chrétiennes de l'histoire romaine en Occident au IIIème - Vème siècles

par Hervé Inglebert

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Claude Lepelley.

Soutenue en 1993

à Paris 10 .


  • Résumé

    Les auteurs chrétiens de l'antiquité tardive ont réinterprété l'histoire de Rome grâce aux héritages juifs et gréco-romains. La tradition johannique fut reprise par Hippolyte de Rome et Commodien, celle de Paul par Cyprien et certains ascètes. Mais l'influence des conceptions classiques de l'histoire romaine fut plus importante. La première, "urbaine", exaltait la période républicaine et les conquêtes de la ville. La seconde, "grecque", privilégiait la monarchie impériale, qui avait apporté la paix, la prospérité et la citoyenneté romaine. La troisième, "latine", admirait la république, hormis les guerres de conquêtes-, et le principat, -garant de la concorde et du bien-être. L'histoire officielle était "urbaine" et païenne. Au IIIe siècle, pour être chrétiens et romains, Origène et Eusèbe de Césarée assumèrent une position "grecque" chrétienne, rapprochant l'incarnation et le régime augustéen. De Tertullien à Lactance, les chrétiens d’Afrique reprirent la conception "latine", comparant les martyrs aux héros républicains, mais condamnant les démons capitolins, responsables des guerres et des persécutions. Au IVe siècle, Firmus Maternus, Optat de Milève et Rufin d'Aquilée reprirent les idées eusébiennes. Mais Jerome, Ambroise et prudence concilièrent ces conceptions "grecques" et la culture latine. Et libère et Damase proposèrent une histoire "urbaine" chrétienne de la ville des apôtres, pour refuser le rôle ecclésiastique de l'empereur ou de l'évêque Constantinople. Au Ve siècle, malgré les invasions, Orose défendit le modèle impérial eusébien. Mais Quodvultdeus et Hydace conclurent de la destruction de l'empire romain orthodoxe à la fin du monde. Augustin distingua le devenir des sites céleste et terrestre, et put penser un avenir humain sans l'empire de Rome. Prosper d'aquitaine et Léon le grand réaffirmèrent que la Rome chrétienne succédait a la Rome des Césars. Enfin, la disparition du paganisme permit à Sidoine apollinaire de reprendre l'héritage historique et culturel "urbain".

  • Titre traduit

    The christians and the history of the roman fatherland : hristian interprtations of roman history in the western roman empire from third to fifthy century


  • Résumé

    The christian authors of late antiquity reinterpreled the history of rome thanks to jewish and Greco-Roman heritage. The johannic tradition was taken up by Hippolytus of Rome and Commodianus, Paul's tradition by Cyprian and some ascetics. But the influence of classical conceptions of roman history was more important. The first conception, the "urban" one, praised the republican era and the conquests of the city. The second one, "Greek", gave pride of place to the imperial monarchy, which had brought about peace, prosperity and roman citizenship. The third one, "latin", exalted the republic-apart from the conquesting wars-and the princedom, which guaranted concord and well-being. The officail history was "urban" and pagan. In the third century, in spite of being christian romans, origen and eusebius of caesarea assumed a chjristian "greek" position, bringing the incarnation and the augustean government together. The Christians of Africda, from Tertullian to Lactantius, took up the "latin" conception, comparing martyrs to republican heroes. In the fourth century, Firmicus Maternus, Optatus of Milevis and Rufinus of Aquileia took up eusebius' ideas. But Jerome, ambrose and prudentius reconcilied the "greek" conceptions and the latin culture. And pope’s liberius and damasus offered a christian "urban" history of the city of the apostles, so as to refuse the ecclesiastical role of the emperor or the bishop of constantinople. In the fith century, despite the invasion orosius defended eusebius' imperial model. But Guodvultdeus and Hydatius concluded from the destruction of the roman orthodox empire that it was the end of the world. Augustine made a distinction between the futures of celestial and terrestrial cities, and was able to conceive a human destingy wihout the Roman Empire. Prosper of Aquitaine and lep the great reasserted that christian Rome followed the Rome of the Caesars, the extinction of pagnaism enabled sidonius apollinaris to take up the historical and cultural "urban" heritage.

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  • Détails : 2 vol. (1142 f.)
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  • Annexes : Bibliogr. p. 1095-1130. Notes bibliogr. Annexes

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