Baguette et bâton. De l'instrument magico-religieux au symbole juridique

par Dominique Thirion

Thèse de doctorat en Histoire du droit

Sous la direction de Michel Humbert.

Soutenue en 1993

à Paris 2 .

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  • Résumé

    L'objet de cette étude est de montrer pourquoi et comment, dans le domaine juridique, la baguette et le bâton ont joué le rôle privilégie de symboles d'une puissance légitime, parce que fondée sur cette force à la fois supérieure et extérieure à son utilisateur : le droit. Cette conception repose sur la croyance originelle en la sacralité de la baguette et du bâton. Perçus comme le siège d'une force surnaturelle, ils deviennent les instruments de l'opération magique et de la divination ; ils apparaissent à la fois "créateurs" et "révélateurs". Ainsi définis, ces deux modes d'utilisation ont permis le passage de l'instrument magico-religieux au symbole juridique. Lorsque la règle de droit s'est substituée à la croyance, l'efficacité juridique de la baguette et du bâton s'est substitue à l'ancienne efficacité magico-religieuse. En tant que "révélateurs", ils expriment désormais le fondement juridique d'une puissance, en tant que "créateurs", ils permettent d'exprimer matériellement l'exercice de cette puissance. Quoique ces deux significations symboliques demeurent toujours latentes dans la baguette ou le bâton, l'usage qui en est fait peut privilégier tantôt l'une, tantôt l'autre. Ainsi, l'aspect "révélateur" apparaitra davantage lorsque baguettes et bâtons seront portés durablement : on les qualifiera alors de "bâtons de fonction", parce que leur présence révèle que leur porteur est détenteur d'une puissance légitime. En revanche, l'usage ponctuel mettra davantage l'accent sur l'aspect "créateur" : saisis, jetés ou transmis, la baguette ou le bâton serviront à matérialiser le sens de l'acte juridique.

  • Titre traduit

    Rod and staff. From the magical or religious instrument to the juridical symbol


  • Résumé

    This thesis is aimed at showing the whys and wherefores of the favoured position of rods and staffs, in the legal sphere, as symbols for a power in essence legitimate, as it grounds itself in a force both external and superior to its user : the force of law. This notion evolved out of the original belief in rods and staffs sacrality. Perceived as containing a preternatural strength, they became instrumental in magical operation as well as divination, implying their ability both to create and reveal. Thus defined, these ways were to allow the shift from sacred instrument to juridical symbol. Indeed, as the law of man replaced the law of god, the juridical efficacy of rod or staff replaced their religious efficacy. Their capacity to reveal discloses the legitimacy of a power ; their capacity to create allows for the material expression of that power. Though both sumbols are latent in rod and staff, they use stresses either one in turn. As it were, their "revealing" aspect is more visible when they are carried lastingly. In such cases, they are called "staff of office" as their very existence presents their bearer as holder of a legitimate power. On the other hand, their limited use underlines their "creative" aspect. They are then held, thrown or given as a material link to the legal act.

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  • Notes : THESE NON CORRIGEE

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