La représentation dans Moby-Dick
| Auteur / Autrice : | Beatrix Pernelle |
| Direction : | Maurice Couturier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études nord-américaines |
| Date : | Soutenance en 1993 |
| Etablissement(s) : | Nice |
Mots clés
Résumé
Des nombreux tableaux et gravures évoqués dans le texte jusqu'aux tatouages et autres hiéroglyphes, Moby Dick est un roman marque par la multiplicité des représentations. Il semble que la représentation littéraire soit régie par la loi du narcissisme, qui règle tous les doubles et les jeux de miroir présents dans la fiction melvilienne. L'écriture permet en effet au moi de se représenter selon un processus qui, détruisant la plénitude narcissique de l'infans, contribue en même temps à la constitution du sujet. Mais la lettre en tant que trace écrite est loin d'établir une correspondance préétablie avec ce qu'elle désigne, laissant ainsi la place à une indétermination fondamentale. Cette conception contribue à la déconstruction d'une vision traditionnelle ontothéologique de la production de l'écriture. La question de la représentation ne peut être séparée de celle de la signification et du déchiffrement des signes, Moby Dick mettant en scène les processus interprétatifs mis en œuvre face à une image ou à un texte. Le sens n'est pas donné à l'avance mais reste à construire par l'interprète : le texte de Melville peut à ce titre être considéré comme la représentation d'un système linguistique, en l'occurrence la théorie énonciative de Culioli