Le "Yellow book", ou les masques des années 1890

par Barbara Schmidt

Thèse de doctorat en Litterature et civilisation anglaises et américaine

Sous la direction de Jean-Marie Bonnet.

Soutenue en 1993

à Nancy 2 .


  • Résumé

    D'avril 1894 à avril 1897, le Yellow Book, "petite revue" publiée par John Lane de la Bodley Head sous la direction d'Aubrey Beardsley et Henri Harland, symbolisa auprès du public victorien les excès de l'avant-garde artistique et littéraire alors englobés sou le terme péjoratif de "décadence". Le but de cette étude est de démontrer que le périodique, loin de représenter une quelconque tendance, reflétait le foisonnement de manifestations artistiques et littéraires de la fin du dix-neuvième siècle, et était un excellent miroir de sa décennie. La première partie présente le Yellow Book, ses buts et ses aboutissements, et montre que la notion de décadence qui lui fut longtemps attachée n'était que le fruit d'une volonté délibérée, de la part de ses rédacteurs en chef, de faire passer le périodique pour ce qu'il n'était pas afin de le rendre plus médiatique. La seconde partie se propose d'analyser le pourquoi de cette attitude en se concentrant sur l'utilisation de la notion de masque chez les collaborateurs du Yellow Book et sur la théâtralité ambiante de toute la décennie. Les contributions d'Aubrey Beardsley, Max Beerbohm et Henri Harland sont étudiées en détails et permettent de mettre en avant les grandes directions suivies par les nombreux collaborateurs du périodique dans leurs dessins, tableaux, poèmes, nouvelles ou essais : goût prononcé pour l'artifice, utilisation d'un langage suggestif annonçant le symbolisme, développement des grandes images de l'artiste maudit, de la danseuse et de l'actrice de théâtre, intérêt grandissant pour le fonctionnement de l'esprit humain et le mécanisme de la mémoire, des rêves, voire de l'inconscient. Le dernier chapitre généralise ces notions récurrentes à l'ensemble des auteurs et artistes du périodique et débouche sur la notion de fragmentation, inhérente à l'art fin de siècle, qui reflétait les interrogations ontologiques de toute la génération. La conclusion est que le Yellow Book symbolise les qualités et les défauts d'une période en quête d'identité. Ancré dans le vingtième siècle, il ne parvint jamais à se démarquer totalement de ses bases victoriennes, et comme la décennie des années 1890, il ne pouvait qu'être voué à un echec rapide car si ses collaborateurs surent exprimer le dilemme de la surface et de la profondeur, du sujet et de l'objet, ils furent incapable de le résoudre de façon satisfaisante.

  • Titre traduit

    The "Yellow book" or the masks of the 1890


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Informations

  • Détails : 2 vol. (736 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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  • Cote : MFiche 223/965
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