La crise de la volonté et les apories de la narration : un parcours dans la littérature européenne des années vingt

par Cristina Terrile

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation comparées

Sous la direction de Jean Burgos.

Soutenue en 1993

à Chambéry .


  • Résumé

    Dans les années vingt, le genre romanesque connaît une révolution dont les deux manifestations principales sont la crise du personnage et la recherche de nouvelles formes narratives. Le présent travail étudie à la fois la tendance générale de ce bouleversement et la manière particulière dont un petit nombre d'oeuvres y font face. La volonté, considérée comme une médiation entre la conscience et les objets, apparaît comme l'hypothèse qui permet de comprendre en même temps la crise représentée dans le personnage et la crise exprimée par l'écriture de la narration. Le narrateur devient faible et incapable de jouer son rôle comme architecte des formes. Le personnage ne sait pas ce qu'il veut et ne reconnaît plus ce qui lui convient. Or, la déconstruction du contenu et de la forme se réalise progressivement à travers un grand nombre d'expériences d'écriture dont nous étudions quelques exemples. Dans Rube, Giuseppe Antonio Borgese nous offre une narration encore contrôlée par une volonté puissante, mais le personnage principal se trouve déjà séparé du monde par une volonté qui ne se reconnaît plus en rien. Avec le Voyageur sur la terre de Julien Green, Uno, nessuno e centomila de Luigi Pirandello et Der marques de Bolibar de Leo Perutz s'accomplit une narration à la première personne qui réunit les deux aspects de la crise, puisque le personnage principal est aussi un narrateur. Enfin, les romans de Kafka inventent un genre de narration sans narrateur ni personnage. La volonté devient alors un pur mouvement sans origine ni fin.


  • Résumé

    In the twenties, the novel is going through a revolution whose main symptoms are the crisis of the character and the experiment of new narrative forms. The present work at the same time studies the general trend of the upheaval and the particular way according to which a little number of novels is facing the period. The will, seen as a mediation between consciousness and objects, supplies us an assumption to understand at once the crisis shown in the character and the crisis expressed by the writing. The narrator becomes weak and unable toplay his part as an architect of the forms. The character does not know what he wants and does not recognize anymore what suits him. This deconstruction of content and form is progressively obtained through a vast number of writing experiments. In Rube, Giuseppe Antonio Borgese gives us the exemple of a narrative that a strong will is still controlling. But the character of Rube has already a weak will. With Le Voyageur sur la terre by Julien Green, Uno, nessuno e centomila by Luigi Pirandello, and Der Marques de Bolibar by Leo Perutz, a narration in the first person is achieved that present both aspects of the crisis, since the principal character is also a narrator. Lazstly, Kafka's novels are actualising a narrative type without any narrator and any character. There, the will is just a sheer movement without any origin and any end.

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Informations

  • Détails : 1 vol., (419 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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  • Bibliothèque : Service Interétablissement de la documentation (Saint-Martin-d'Hères, Isère). Bibliothèque universitaire Droit-Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 205643/1993/1
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