Paléoenvironnements du Pléistocène moyen dans le sud de la France : apport et limites de l'analyse polliniques de trois sites préhistoriques : Caune de l'arago, Orgnac 3, grotte du Lazaret

par Agnès Gauthier

Thèse de doctorat en Géologie, paléontologie humaine, préhistoire

Sous la direction de Henry de Lumley.

Soutenue en 1992

à Paris, Muséum national d'histoire naturelle .


  • Résumé

    Des analyses palynologiques réalisées dans le sud de la France concernent trois gisements du Pléistocène moyen importants pour l'histoire de l'homme préhistorique : Caunne de l'Arago, orgnac 3 et grotte du Lazaret. Les enregistrements polliniques des ensembles stratigraphiques IV et V de la Caune de l'Arago sont très proches de celui de la pluie pollinique actuelle. La végétation présente autour du site au moment du dépôt de ces ensembles serait une formation semi-forestière de type méditérannéen pouvant refléter un épisode interstadiare. A Orgnac 3, les résultats obtenus sur un carottage traversant l'ensemble du remplissage ne sont pas exploitables. Seuls les résultats ponctuels obtenus sur semi-forestière à une stalagmite et un plancher stalagmitique (couches J et I) permettent d'envisager la présence d'une végétation semi-forestière à caractère méditérranéen pouvant être rapportée à un épisode interstadiare. Les ensembles stratigraphiques I, II et III de la grotte du Lazaret sont stériles en grain de pollen. Des résultats isolés sur les ensembles stratigraphiques E et G montrent la présence d'épisodes à pinus et betula accompagnés de taxons méditérranéens en proportion non négligeable. Plusieurs hypoyhèses sont avancées : présence d'un paysage en mosïque, sur-représentation de pinus et betula, perturbation par du pollen sub-actuel. Les résultats obtenus sur ces trois sites ne montrent pas de variations cohérentes pouvant être attribuées à une dynamique de végétation. Cette absence d'évolution ne permet pas de contrôler la validité de la végétation déduite de l'analyse pollinique, donc, de savoir si l'image évoquée par les spectres correspond à une végétation donnée ou à une image restreinte et incomplète de celle-ci. En dehors de ce contrôle, l'attribution chronologique sur la seule base des résultats palynologiques n'est pas permise. Cette absence de variation de la végétation ne permet pas de corréler les épisodes enregistrés dans les trois sites avec les longues séquences continues du domaine méditérranéen. Cette étude permet d'avancer un certain nombre de constatations concernant la méthodologie de l'analyse pollinique appliquée aux sédiments archéologiques. La majorité des spectres polliniques a été obtenue sur des échantillons dont la concentration sporo-pollinique est extrêmement faible (5 à 10 grains par gramme). La validité de ces spectres est fortement incertaine car, seule la nature stalagmitique a permis d'obtenir des résultats, les échantillons argileux avec la même concentration ayant été considérés comme stériles. De plus, il est montré que l'observation de seuils statistiques (minimum de 100 grains et de 20 taxons) peut ne pas être suffisante afin de retenir ces spectres comme représentatifs. Les interprétationq sur les spectres ou ces seuils suffisants ne peuvent donc être émises qu'avec une extrême prudence et les incertitudes sont forcément importantes. De telles démarches strictes, aussi bien méthodologiques qu'interprétatives sont nécessaires lors d'études sur des sites archéologiques. Bien que relativisant les résultats, elles peuvent permettre d'apporter des données ponctuelles (à valeur au moins qualitative) pour une période (pléistocène moyen) ou les informations sont encore clairsemées. Ces données devront être contrôlées par la comparaison avec des longues séquences continues, complètement indispensable à toute compréhension des spectres polliniques établis dans des sites archéologiques.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (264 p.)
  • Annexes : Bibliogr. 225-241

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  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
  • Accessible pour le PEB
  • Cote : 122 687
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