Des parlers à la langue : le napolitain et le provençal face à l'italien et au français (XVIIIe-XXe) : étude des effets de l'institution d'une langue nationale sur les parlers

par Pierre Pasquini

Thèse de doctorat en Lettres

Sous la direction de Philippe Joutard.

Soutenue en 1991

à Aix-Marseille 1 , en partenariat avec Université de Provence. Faculté des lettres et sciences humaines (autre partenaire) .


  • Résumé

    L'institution d'une langue nationale vise a y ramener les parlers de tous les citoyens. Elle empeche ainsi la formation d'autres langues a partir de ces parlers, qui demeurent cependant en tant qu'objets de science, et de nostalgie. L'etude des parlers d'une communaute immigree italienne par une enquete orale montre que cette institution agit sur la conscience des parlers, le plus souvent avant d'agir sur la pratique. Elle amene a un examen de ce processus institutionnel a partir de deux exemples : le napolitain et le provencal. L'impossibilite de l'institution d'une langue napolitaine est mise en evidence par l'ouvrage de l'abbe galiani, "del dialetto napoletano", par les evenements de la revolution parthenopeenne et, au 19e, par les vocabulaires dialectaux, refusant chacun a leur maniere un statut au napotitain. Le provencal est dans le meme cas par rapport aux evenements revulutionnaires, aux dictionnaires et au role de l'ecole. Mais l'emergence du felibrige dans la seconde moitier du 19e entraine une institution symbolique, sans consequence sur la pratique, permettant toutefois au provencal d'avoir la dignite d'une langue. Les parlers provencaux restent exclus de ce processus et, comme le napolitain et les parlers des immigres, ne peuvent pretendre a aucun statut.


  • Résumé

    The institution of a national language aims at reducing the ways of speaking of all citizens. Thus it prevents the formation of other languages from these ways of speaking, which nevertheless remain as objects of science and nostalgia. The study of the ways of speaking of a community of italian immigrants by means of an oral inquiry shows that the institution most of the time works on the conscience of the ways of speaking before working on the practice itself. It brings about the examination of this institutional process from two examples : neapolitan and provencal. The impossibility of the institution of a neapolitan language is emphasized by priest galiani's "del dialetto napoletano", by the events of the parthenopean revolution, and by dialectal vocabularies in the nineteenth century, denying neapolitano a statute in different ways. The situation is identical for provencal in relation to revolutionary events, dictionaries and the role of school. But the emergence of the felibrige in the second part of the 19thc brings about a symbolic institution yet endowing provencal with the dignity of a language. The ways of speaking provencal are excluded from this process, and like neapolitan and the ways of speaking of immigrants cannot claim any statute.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (677 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 643-671

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  • Bibliothèque : Université d'Aix-Marseille (Aix-en-Provence. Fenouillères). Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire de lettres et sciences humaines.
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