Stéphane Gsell et l'histoire de l'Afrique antique

par Denis Lengrand

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Claude Lepelley.

Soutenue en 1990

à Paris 10 .


  • Résumé

    Stephane Gsell (1864-1932) a consacré l'essentiel de son activité a l'histoire de l’Afrique du nord antique, en particulier de l'Algérie. Partisan de la présence française au Maghreb tout en en redoutant la disparition, il sut rejeter le racisme biologique, se montrer bon observateur de la vie indigène, et proposer des projets de réforme libéraux pour rendre leur dignité aux algériens. En tant qu'historien, Gsell fut d'abord un homme de terrain, collecteur et éditeur de documents. Il publia de très nombreux articles et ouvrages parmi lesquels se détache l'atlas archéologique de l'Algérie qui reste un modèle du genre. Son chef-d’œuvre est incontestablement la monumentale histoire ancienne de l’Afrique du nord. Sa présentation de l’Afrique indigène souffre de son attachement aux canons grecs et romains, de son incompréhension du phénomène religieux. Mais Gsell, fournissant une documentation complète sur les royaumes indigènes, a su en montrer toutes les richesses. Il n'a pu réaliser de synthèse sur l'empire romain. La séparation entre haut et bas empire correspond moins à la chronologie qu'a une répartition entre conséquences positives et négatives de la présence romaine, et l'ensemble de l'interprétation est guidé par la perspective de la disparition de la latinité en Afrique du nord. Ces derniers aspects de son oeuvre ne doivent pas faire oublier l'essentiel : la recherche actuelle se nourrit toujours des travaux de Gsell.

  • Titre traduit

    Stephane Gsell and the history of ancient Africa


  • Résumé

    Stephane Gsell (1864-1932) devoted the best part of his activity to the history of ancient North Africa, particularly Algeria. As a man in favour of the French presence in the Maghreb and dreading its removal, he proved able to reject biological racism, to be a good observer of the natives' life and to propose liberal projects of reform that aimed at restoring the Algerians’ dignity. As a historian, Gsell was above all a man with a practical background, collecting and editing documents. He published numerous articles and books among which the archeological atlas of Algeria that is still one of the best of its kind. His master-piece is unquestionably the monumental ancient history of North Africa. His presentation of Africa’s natives suffers from his attachment to Greek and roman canons and his failure to understand the religious phenomenon. Yet Gsell provided a full documentation about the native kingdoms and thus could underline all their treasures. He could not make a synthesis of the history of the roman empire in Africa. The separation between the early and the late empires is less a matter of chronology than of distribution between the positive and the negative consequences of the roman presence, and the whole interpretation is guided by the prospect of the end of the latin influence in north Africa. These latest aspects of his work, however, should not overshadow the essential point : the present research still feeds on Gsell's work.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 3 vol., (721 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 674-716. Notes bibliogr.

Où se trouve cette thèse ?