Statut de la repetition dans la litterature du dix-septieme siecle

par NICOLAS VER HULST

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Françoise Charpentier.

Soutenue en 1990

à Paris 7 .

    mots clés mots clés


  • Résumé

    La repetition se definit comme la recurrence d'un objet de langage; les objets susceptibles d'etre engages dans une repe tition sont assez nombreux : il y a la sonorite des mots les mots eux-memes, la structure grammaticale de la phrase et l es semes (comme dans les pleonasmes). On ne peut se limiter pas a l'ordre du discours; le champ ouvert a la repetition c omprend aussi l'ordre narratif, puisque les situations romanesques (mises en abyme et theatre dans le theatre) sont elle s aussi susceptibles d'etre prises dans tout un jeu de reflets. La repetition se joue d'un texte a l'autre, auquel cas o n parle de repetition intertextuelle (citation, parodie, plagiat, commentaire, etc. . . ); elle se joue egalement a l'inter ieur des discours, auquel cas on parlera de repetition intratextuelle. C'est a ce dernier type de repetition qu'on s'int eresse ici. Quiconque veut etablir les lois gouvernant l'univers de la repetition aboutit inevitablement au dix-septieme siecle : malherbe, par exemple, a edicte les lois de l'art poetique, en definissant le vers francais, en precisant les exigences en matiere de rime et de metre (repetition sonores). Le pere bouhours et vaugelas ont longuement traite des re petitions de mots et de semes dans la phrase, en distinguant trois categories, le necessaire, l'elegant et le vicieux. E nfin, il semble bien que les mises en abyme ou le theatre dans le theatre, si usuelles dans la litterature baroque, soie nt assez peu conformes a l'ideal classique. La repetition fait donc l'objet de tout un code de prescriptions; c'est qu'e lle met en jeu, aux yeux des legislateurs du dix-septieme siecle, plusieurs choses essentielles. Le plaisir, tout d'abor d, puisque le retour d'un deja-lu, d'un deja-vu ou d'un deja-entendu est toujours source d'agrement. L'economie du texte , puisque les repetitions - notamment au travers de la surdetermination semantique - assurent la mise en place de la sig nification. Et au-dela de toute une dialectique entre le plaisant et l'utile (le plaisir est subordonne a l'efficacite), on reconnait a la repetition une valeur expressive : elle traduit la passion. Mieux que cela : l'age classique cree le personnage du passionne, qui ne peut s'empecher de repeter. Plaisir, travail, desir et folie : le dix-septieme siecle e ntrevoit que tous ces enjeux sont lies, au travers, precisement de la repetition.

  • Titre traduit

    Status of repetition in the french seventeenth century literature


  • Résumé

    Repetition is defined as the recurrence of a linguistic object. The nature of what, precisely, is being repeated may var y : word sonority, words themselves, the grammatical structure of a sentence and sememes (as in pleonasms). One cannot l imit oneself to the area of speech; the area open to repetition includes also the fiction, since situations (story withi n the story and play within the play) are also likely to involve repetitions and reflections. Repetition occurs from one text to another, in which case it is referred to as "intertextual" (quotations, parody, plagiarism, commentary, etc. ); it can also be found within speeches, in which case it is referred to as "intratextual". It is the latter type of repeti tion which interests us. Anyone wishing to study the laws governing repetition will inevitably turn to the seventeenth c entury : malherbe, for instance, set forth the poetic laws, defining french verse, specifying the requirements regarding rhyme and meter (sonic repetitions). Bouhours and vaugelas covered at great length word and sememe repetitions in sente nces, separating them into three categories, the necessary, the elegant, and the "vicious" repetition. Finally, it would seem that stories within stories or plays within plays, which characterize baroque literature, are indeed quite contrar y to the classical ideal. Thus, repetition is subject to an extensive code of rules; it brings into play a number of sta kes which are fundamental in the eyes of the seventeenth century legislators. Pleasure for one, since a return of someth ing previously read, seen or heard is indeed a source of pleasure. The economics and efficiency of speech, since repetit ions - namely through semantic over determination - serve to confirm a meaning. And beyond a dialectical argument betwee n what is pleasing and what is useful (pleasure is subordinate to efficiency), one has to acknowledge repetition's expre ssive value : it translates passion. Better than that : the classical era creates the impassioned character, who cannot refrain from repeating himself. Pleasure, efficiency, desire, passion and madness : the seventeenth century envisages th e possibility that these are all linked, namely through repetition.

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  • Notes : THESE NON REPRODUITE

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