Art, culture et société : l'exemple des arts plastiques à Paris entre 1940 et 1944

par Laurence Bertrand-Dorléac

Thèse de doctorat en Histoire du XXe siècle

Sous la direction de Pierre Milza.

Soutenue en 1990

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    L'occupation allemande et le régime de Vichy font culminer en France la crise des valeurs humanistes. En art, la situation doit beaucoup à l'héritage de l'avant-guerre, mais des ruptures d'intensité et de nature modifient la scène artistique. L'art, objet d'orgueil patriotique, est accusé de refléter et d'alimenter la décadence moderne : l'absence d'idéal, l'individualisme et la démocratie. Sous la révolution nationale, il devient un instrument privilégié de redressement et de rénovation, après un retour à l'ordre et à la tradition. Le Secrétariat général des beaux-arts envisage une politique largement consensuelle en faveur de la tradition , du beau métier, de l'art monumental et des thèmes édifiants. Mais le milieu artistique, par nature hostile au dirigisme d'Etat, résiste aux positions officielles en matière de corporatisme et d'exclusion. En outre, très peu d'artistes acceptent de servir le service artistique du Maréchal attaché à sa personne. Si peu d'artistes entrent dans la résistance, certains créent des oeuvres subversives, tandis que la majorité est attentiste et nourrit de sa production les imaginaires d'un public exceptionnellement nombreux à fréquenter les lieux d'art. Le régime nazi, quant à lui, procède à ses propres démonstrations artistiques, encourage par les ultracistes francais comme Rebatet, et conforte par le voyage en Allemagne d'artistes reconnus : vlaminck, Derain, Despiau, etc. Mais les autorités nazies se consacrent essentiellement à l'exclusion des artistes juifs et francs-maçons, tandis qu'elles tolèrent l'exposition d'oeuvres "dégénérées". Enjeu pour des pouvoirs autoritaires visant au contrôle de la société, et exutoire pour une population dans l'attente d'un retour "à la normale", l'art et ses modalités d'existence servent à leur manière à éclairer l'histoire de cette époque.


  • Résumé

    In France, the humanistic values crisis culminated during the German occupation and the Vichy regime. During this period , art inherited much of the pre-war situation. But disruptions, both in intensity and nature modified the artistical scene. Art, as an expression of patriotic pride was is considered as a reflection of modern decadence : the lack of ideal, individualism, and democracy. Under the "national revolution" art became an instrument of development and revival after a return to order and tradition. In many respects, the "Secretariat general des beaux-arts" thought of a widely approved art policy magnifying the tradition, the fine craft, the monumentalism and the edifying subjects. The artistic world, by nature reluctant to state dirigism, resisted against the governmental positions concerning corporatism and exclusion policy. Besides, few artists accepted to serve the "service artistique du Marechal" which was attached to his person. If some artists entered the French resistance movement, some created subversive works while the majority of them staid aside and bred on its production the fancy of the many people visiting various art places. The German regime, on its side, proceeded with its own exhibitions, being encouraged by French ultras as Rebatet, and being comforted by the German journey of some famous artists : Vlaminck, Derain, Despiau, etc. Meanwhile the nazi authorities spent most of their time on their exclusion policy towards jewish and mason artists. Censorship was discontinued against the exhibition of works considered as "degenerated". Art was a stake for an authoritarian power aiming at controlling society, and an outlet for a population looking forward to returning back to normality.

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  • Détails : 4 vol.(714, 143 f.)
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