Etude de l'influence d'une familiarisation précoce à une partie ou un extrait de plante mellifère sur les comportements de récolte de l'abeille domestique (Apis mellifera mellifera L. ) : amélioration qualitative et quantitative de la prodution de miel par la ruche

par Ali Alburaki

Thèse de doctorat en Sciences biologiques et fondamentales appliquées. Psychologie

Sous la direction de Hubert Montagner.


  • Résumé

    Nous apportons, dans le présent travail, la preuve expérimentale que, lorsque des ouvrières d'abeille âgées de moins de 24 heures sont mises en présence, pendant 24 ou 72 heures, de l'odeur ou du goût d'une partie ou d'un extrait d'une espèce végétale mellifère, elles montrent, deux semaines plus tard, une préférence significative pour un sirop contenant le même élément végétal. Les études ont été effectuées avec 3 espèces végétales : le robinier (Robinia pseudacacia L. ), l'eucalyptus (Eucalyptus robustus Sm. ) et l'oranger (Citrus aurantium Risso). Deux types d'expériences ont été réalisés : 1. Deux semaines après avoir été familiarisées à l'odeur (seule l'odeur de l'élément végétal peut diffuser à travers une grille de séparation) ou au goût (il peut y avoir locomotion sur l'élément végétal et/ou consommation de celui-ci) de fleurs séchées, de feuilles séchées ou d'un extrait aqueux de l'une ou l'autre des 3 espèces végétales, les ouvrièes ont le choix, dans la ruchette où elles ont été introduites, entre un sirop de sucre à 50 % et ce même sirop contenant 3 % de l'élément végétal de familiarisation. On montre ainsi : a. Pour le robinier, on observe des effets significatifs d'une familiarisation à des fleurs séchées ou des extraits aqueux de fleurs séchées (les abeilles choisissent préférentiellement un sirop contenant ces éléments végétaux). Ils sont plus nets lorsque la familiarisation s'est faite en contact direct avec ces éléments végétaux. On n'observe pas de familiarisation aux feuilles séchées ou à des extraits aqueux de feuilles séchées. B. Pour l'eucalyptus, on observe aussi des effets significatifs d'une familiarisation à des fleurs séchées ou des extraits aqueux de fleurs séchées. Mais, elle apparaît auss efficace lorsque la familiarisation s'est faite à la seule odeur de ces éléments végétaux qu'à leur contact direct. Par ailleurs, des effets significatis de familiarisation existent également pour les feuilles séchées, à condition que la durée de la phase de familiarisation soit de 72 heures. Les résultats obtenus avec des extraits aqueux de feuilles séchées sont peu significatifs. C. Pour l'oranger, on n'observe pas d'effets significatifs d'une familiarisation aux fleurs séchées ou à des extraits aqueux de fleurs séchées de même concentration (10 %) que pour les deux autres espèces végatales. En revanche, l'augmentation de la concentration de l'extrait aqueux (15 %) de familiarisation se traduit par des effets significatifs, à condition que la familiarisation se soit faite au contact direct de l'extrait aqueux et pendant une durée brève (24 heures). Il n'y a pas d'effets significatifs à une familiarisation à des feuilles ou des extraits aqueux de feuilles d'oranger. 2. Deux semaines plus tard, les ouvrières ont le choix, en situation "d'open field" entre un sirop de sucre à 50% et des sirops contenant différents éléments de l'une ou l'autre des trois espèces végétales, les deux sirops étant présentés dans des coupelles distinctes à 120 mètres de la ruchette d'accueil des abeilles des groupes expérimentaux. Ces expériences confortent globalement les résultats des précédentes : les abeilles familiarisées pendant 24 ou 72 heures à des fleurs ou feuilles séchées d'un végétal, sont beaucoup plus attirées, deux semaines plus tard, par un sirop contenant l'élément végétal de familiarisation que par un autre sirop. Certaines conduisent à des résultats similaires : ainsi, le sirop contenant des fleurs séchées de robinier est plus attractif pour des abeilles familiarisées au contact direct de cet élément végétal que pour des abeilles familiarisées à sa seule odeur. En revanche, d'autres résultats sont différents : une familiarisation au contact direct de fleurs d'oranger se traduit par une nette préférence d'un sirop contenant cet élément végétal, ce qui n'était pas le cas dans les expériences précédentes. Les résultats obtenus avec les feuilles d'eucalyptus sont plus variables. La dernière partie porte sur des expériences de familiarisation de plusieurs ruches à l'odeur et au goût de fleurs de robinier. Les résultats sont très nets : par rapport à des ruches témoins, ces ruches produisent une quantité de miel significativement plus élevée. Les analyses des miels, notamment les analyses polliniques, montrent qu'ils proviennet essentiellement des récoltes de nectar d'acacia. Nous montrons ainsi l'intérêt économique de notre méthode pour l'apiculture.


  • Résumé

    In the present work, we give experimental evidence that when worker bees aged less than 24 hours are put for 24 or 72 hours in the presence of the odor or taste of a part or an extract of a melliferous plant species, they exhibit, tvo weeks later, a significant preference for a syrup containing the same vegetal element. The studies were carried out using 3 plant species : the robinia (Robinia pseudacadia L. ), the eucalyptus (Eucalyptus robustus Sm. ) and the orange tree (Citrus aurantium Risso. ) Two sets of experiments were carried out : 1. Two weeks after their familiarization with the odor or taste of a part (flowers, leaves) or an extract of one of the three plant species, bee workers can choose within the hive between a 50% sugar syrup and the same syrup with 3% of the vegetal element used for familiarization. It can be thus shown that : a. With regard to the robinia, significant effects of familiarization with dried flowers or with water extracts from dried flowers can be noted : worker bees significantly choose a syrup containing these vegetal elements. These effects are more often significant when the familiarization has been achieved through direct contact with these vegetal elements. No familiarization can be noted with dried leaves or water extracts from dried leaves. B. With regard to the eucalyptus, significant effects of familiarization with dried flowers or water extracts from dried flowers can also be noted. However, it appears as effective when the familiarization has been achieved only through the odor of these vegetal elements as when achieved through direct contact with them. There are also significant effects of familiarization with dried leaves, on condition that the familiarization phase last 72 hours. The results obtained with water extracts of dried leaves are not very significant. C. With regard to the orange tree, no significant effect of familiarization with dried flowers or water extracts from dried flowers with the same concentration (10%) as with other plant species, can be noted. On the contrary, an increase in the concentration of the water extract used for the familiarization entails significant effects on condition that the familiarization be achieved through direct contact with the water extract for a short time (24 hours). No significant effect can be noted for a familiarization with leaves or water extract of leaves from the orange tree. 2. Two weeks later, the worker bees which are in a open-field situation, can choose between a 50% sugar syrup and syrups containing different vegetal elements from one or two of the three plant species. Syrups are available on a table at about 120 meters from the hive which received the experimental groups of bee workers. This seconde set of experiments lead to the same general conclusion than the previous ones : when bees were familiarized for 24 or 72 hours with dried flowers or dried leaves or a water extract from theses vegetal elements, they visited more often two weeks later the sugar syrup containing the element used for familiarization. In some experiments, the results were quite similar : for example, the syrup containing dried flowers from the robinia was more attractive to the bee workers familiarized with this vegetal element through direct contact than to worker bees familiarized with it only through its odor. On the contrary, some other results are quite different : a familiarization with flowers from the orange tree through direct contact resulted in a marked difference for a syrup containing this vegetal element, what was not the case in previous experiments. The results obtained with eucalyptus were more variable. The last set of experiments deals with the familiarization of several hives with the odor and taste of flowers from the robinia. The results are clear-cut : when compared to control hives, these hives produced a significantly larger amount of honey. The analyses carried out on these honeys, and especially pollinic analyses, show that they came essentially from the bees' foraging behaviour on robinia trees. Thus, we bring about evidence that this method is actually pertinent to improve the production of honey and especially that made from only one plant species.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (130 p.-[8] p. d'annexes)
  • Annexes : Notes bibliogr. Bibliogr p. 120-130. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire Sciences - Sport (Besançon).
  • PEB soumis à condition
  • Cote : SCI.BESA.1990.91
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