Les poésies de Tristan L'Hermite : étude historique

par Stéphan Bouttet

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Jean Rohou.

Soutenue en 1987

à Rennes 2 .


  • Résumé

    Signifiant la profonde inquiétude d'un moi blessé, obsédé par la précarité de toute chose et l'idée d'une disgrâce insurmontable, profondément mélancolique et nostalgique, l'oeuvre poétique de Tristan, enfin reconnue à sa juste valeur, s'organise autour des grands thèmes lyriques, la nature, l'amour, la foi, la célébration du héros, sans négliger l'interrogation morale. Cette étude, qui préfère à la considération « sub specie aeternitatis » de ses caractéristiques leur confrontation dialectique aux déterminations sociopolitiques, idéologiques, culturelles, à partir desquelles ou contre lesquelles elle s'est construite, pose que la condition humaine est vécue comme contradiction entre la réalité et un désir multiforme. Les poèmes, rassemblés en fonction de leurs dates de composition, sont analysés comme la mise en oeuvre d'une série de métaphores dominantes, renouvelant un héritage à la fois très lourd et largement menacé, et permettant la constitution d'une personnalité. Jusque 1630 environ, le monologue, tourne à la fois vers la régression et les figures du surmoi, évoque principalement la nature tout en exprimant une forte tendance paranoïaque, et privilégie l'alternance harmonieuse du rempli et de l'hyperbole du moi. Dans un second temps, la métaphore de l'amour favorise l'émergence tardive d'un dialogue entre l'âme souffrante et la figure abstraite de l'aimée. La rhétorique de la persuasion, quand domine le théâtre, encouragé par une politique héroïque et plus apte à exprimer des conflits exacerbés, s'affadit en des développements artificieux, ou même à une écriture plus antithétique et plus grave. Vers le milieu des années 1630, quand triomphent les profiteurs et la frivolité mondaine, le lyrisme religieux, teinte de néo-stoïcisme, prend en charge des orientations devenues infructueuses. Après 1642-1643, Tristan préfère à l'effusion l'expression conformiste de l'assentiment d'une communauté. Syntaxe mesurée et vocabulaire sentencieux indiquent qu'il a composé avec son temps, et annoncent un classicisme impersonnel. S'achève ainsi une longue interrogation des rapports mouvants du moi et du monde, qui n'a cessé de dire la pulsion, l'apparition, et exprime, non ambiguïté, la tranquille soumission du sage


  • Résumé

    Tristan's poetry evolves round great lyrical themes, not to mention its moral implications. This study, which makes more of its being dialectically collated with socio-political, ideological, cultural determinations out of which and against which it proceeds, to sub specie aeternitatis considerations, establishes human condition as a clash between reality and a multifarious yearning. The poems, put together here according to the time they were written, have been subjected to an analysis that evinces how a series of prevailing metaphors have been brought forth renewing a heritage at one weighty and on the brink of ruin, and which makes the growth of a new personality quite possible. Up to the 1630's the monologue turned towards both regression and the shapes of his super-ego, mainly brings forth nature and is this the expression of a strong bias for paranoia. Later on, the metaphor of love will help towards the emergence of a dialogue between his suffering soul and the abstract figure of his beloved one. The rhetoric of persuasion, when drama prevails, sustained by the hero extolling policy and more suitable for the expression of exacerbated clashes, turns into sham tepid developments or, rather leads to make an antithetic and deep thought writings. Towards the middle of the 1630's, when roguery and worliness prevailed, religions lyrism altogether with neostoicism become responsible for orientations unable to bear fruit. After 1643, Tristan, turned into a conformer, will prefer the way how a community expresses its assent to effusion. His well trimmed syntax and sententious vocabulary clearly indicate that he has come to terms with his time, which heralds impersonal classicism. Though all this, a long-lived interrogation about the unsteady connection between his self and the world come to and end while it never stopped uttering the emotion, the epiphany, and doing so, expresses, not entirely without double meaning, the peaceful submission of the philosopher.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (XXVI-323 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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