Rêves d'écriture universelle au XVIIe siècle en Angleterre

par Jean Pauchard

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Geneviève Hily-Mane.

Soutenue en 1987

à Reims .


  • Résumé

    Il serait grotesque de ne voir dans les projets de langues et d'écritures universelles élaborés au dix-septième siècle en Angleterre que les ébauches et prototypes des langues auxiliaires internationales qui eurent leurs beaux jours dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Ces projets représentent avant tout le point de jonction des branches d'un vaste éventail de besoins, d'interrogations et d'espoirs divers qui vont des préoccupations religieuses aux exigences de la science. D'abord conçus comme des procédés de traduction automatique, les essais d'"écriture commune" (Francis Lodwick 1647 et 1652, Cave Beck 1657) cèdent bientôt le terrain a des tentatives pour mettre l'écriture a l'unisson de la nature, tentatives que vient couronner la "caractéristique réelle" de John Wilkins. Ce dernier courant vise a donner expression graphique a une triple relation d'isomorphie entre l'ordre des choses, l'organisation des connaissances et l'agencement des mots. Il traduit ainsi un effort pour arracher l'écriture au langage et l'enter sur le monde du réel, pour édifier de manière systématique le matériel scripturaire sur des principes semasiographiques. La présente étude fait apparaitre qu'il existe des contraintes graphiques a l'œuvre dans la conception de ces projets, chose qui semble avoir échappé aux analyses antérieures plus attentives aux questions de sources ou de filiation des idées qu'aux conditionnements internes des systèmes. Ces contraintes entrent parfois en conflit avec l'ambition dominante de ces modèles linguistiques expérimentaux qui est de contribuer de manière significative aux progrès de la science.

  • Titre traduit

    Dreams of a universal writing scheme in seventeenth-century England


  • Résumé

    Ait would be ludicrous to view the universal language and writing schemes evolved in seventeenth-century England as mere adumbrations and prototypes of the international auxiliary languages which had their heyday in the second half of the nineteenth century. These schemes, in actual fact, acted as lenses focusing a wide spectrum of diverse needs, queries and hopes ranging from the religious to the scientific. First conceived as automatic translation devices, the attempts at a common writing (Francis Lodwick 1647 and 1652, Cave Beck 1657) soon gave way to endeavours to make writing tally with the nature of reality. The latter, culminating with bishop Wilkins' real character, aimed at giving graphic expression to a treble isomorphic relation between the order of things, the organization of knowledge and the pattern of words. They therefore represented an effort to wrench writing from language and graft it on to the realm of realiaa systematic effort to build up a script on semasiographic principles. The present survey shows that graphic constraints were at work in the mapping out of these schemes. This fact seems to have eluded the attention of previous analyses which centred more on questions of sources and filiations of ideas than on internal conditionings. These constraints at times clashed with the overall ambition to make these linguistic experimental models significant contributions to the advancement of learning.

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  • Détails : 2 vol. (634 f.)

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  • Bibliothèque : Université de Reims Champagne-Ardenne. Bibliothèque universitaire. Section Droit-Lettres.
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