L'exclusion theorique du narratif dans la poesie francaise depuis stephane mallarme

par Dominique Combe

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Pierre Cahné.

Soutenue en 1987

à Paris 4 .


  • Résumé

    La poetique mallarmeenne, qui disqualifie le recit au nom d'un "langage essentiel", a fonde une nouvelle rhetorique des genres litteraires. Le recit, jusque-la intimement mele a la poesie a travers le genre epique, est apparu incompatible avec celle-ci, desormais identifiee au genre "lyrique" qui devient l'archetype de la "poesie pure". A l'ancienne "triade" des genres epique, dramatique et lyrique s'est substituee la dichotomie poesie recit, confondue pour une large part avec le couple vers prose a la faveur de l'effacement des criteres metriques et prosodiques. L'exclusion du recit n'a cesse d'etre systematisee par les poetes contemporains, de valery et de breton jusqu'a bonnefoy, dans le cadre d'une critique de la mimesis et de la pensee representative. Mais ce nouveau systeme est-il corrobore par les oeuvres ? l'etude de la temporalite poetique revele que les poetes, a defaut d'"eviter" absolument le recit, selon la formule de mallarme, s'efforcent au moins d'en retenir l'accomplissement en creant une temporalite qui echappe a la double dimension de la chronologie et de la logique, contitutive de la pensee representative et rationnelle. Aux trois niveaux du temps berbal, de la composition et du rythme, le poeme fonde une temporalite pre-reflexive ("originaire", "impliquee") dont la genese demeure essentiellement inachevee. De sorte que la fiction - qui affleure inevitablement - reste a l'etat latent, virtuel, puisqu'elle ne s'investit jamais dans une "histoire" lineaire. S'il y a recit, celui-ci est eclate, fragmente. Toutefois, cette rhetorique parait eminemment relative : a l'histoire de la poetique, dans la mesure ou depuis quelques annees, le recit semble etre rehabilite en poesie, si bien que le systeme n'aura somme toute prevalu que pendant un siecle (1870-1970) ; a la tradition litteraire francaise, puisque la rhetorique anglo- saxonne, par exemple, ignore un tel clivage entre le poetique et le narratif ; a l'histoire de la pensee occidentale, enfin, qui, apres avoir mis en question la representation a la fin du siecle dernier, restaure aujourd'hui les pouvoirs de la conscience et du sujet.


  • Résumé

    Mallarme's poetics, which discards narrative in the name of an "essential language", founded a new rhetoric of literary genres. Narration, a criterium of poeticity in the epic tradition, appeared inconsistent with poetry identified to lyrics as the archetype of "pure poetry". The opposition poetry vs narrative, confounded with the couple verse vs prose thanks to the disappearance of metrical criteria, replaced the formal "triad" of epic, dramatic and lyric genres. The exclusion of narrative was laid down as a system by contemporary poets - from valery and breton up to bonnefoy - through a severe critique of mimesis and representation. But is this new system of genres confirmed by poems ? the study of poetical temporality reveals that poets, if they do not "avoid" narrative, as mallarme asked, try at least to resist its fulfilment by creating a temporality indifferent to chronology and logic, that make representative and rational thought. Verbal tenses, composition and rhythm show that poetry settles a pre-reflexive time in an endless genesis. So that fiction - unevitable - remains but virtual since it is never embodied into a linear "story". If there is a narrative, it is broken up. However, this rhetoric seems to be closely connected to the history of poetry, for narration was rehabilitated recently (so that the system will have last one century (1870-1970) ; to french literature since english rhetoric is ignorant of such a parting between poetry and narrative ; to the history of occidental thought, which now reasserts its trust in consciousness after criticizing the illusions of representation.

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