James clarence mangan, poete-traducteur

par Jacques Chuto

Thèse de doctorat en Études anglaises

Sous la direction de Patrick Rafroidi.

Soutenue en 1987

à Paris 3 .


  • Résumé

    Contrairement a la legende, mangan ne connut la misere que durant les trois dernieres annees de sa vie. Toutefois, ce fut toujours un etre tourmente et excentrique. Pour ecrire, il avait besoin de se deguiser. Aussi, sur ses 950 et quelques poemes, pres des quatre cinquiemes se presentent comme des traductions. S'il arrive a mangan d'etre un traducteur fidele, il se pose plus souvent en critique, et la traduction devient re-ecriture: embellissements formels, substitutions d'idees, et meme parodie. Mais la traduction peut aussi etre re-creation, allant de l'adaptation de tel ou tel passage a l'appropriation pure et simple: dans ce dernier cas, le poeme anglais est independant de l'original. Ces diverses pratiques se retrouvent dans les trois principaux domaines exploites par mangan: poesie allemande, poesie orientale, et poesie gaelique. En outre, il arrive au poete d'attribuer ses oeuvres a des auteurs etrangers, reels ou inventes. En fait, mangan avait besoin de la traduction ou de son apparence pour s'exprimer: son moi echappait ainsi a la tyrannie du surmoi, en faisant semblant d'etre un autre. De plus, mangan haissait son pere: l'appropriation est une revanche contre les "peres" (les auteurs) et une mise en question des origines, par laquelle le poete affirme son originalite. La poesie de mangan est avant tout une lamentation sur la mort du passe (le sien et celui de l'irlande) et sur le vide du present, immobile et deja envahi par la mort. Cette vision desesperee (que tempere parfois un humour bizarre) s'exprime tantot en des vers elegiaques d'une subtile musicalite, tantot avec une extreme intensite, due au retour obsedant du refrain et a une syntaxe passionnee: mangan est une grande voix lyrique. La seconde partie de cette etude consiste en une bibliographie complete de mangan, qui recense la plupart des sources utilisees par le poete.

  • Titre traduit

    James clarence mangan, poet-translator


  • Résumé

    Despite all traditional accounts, mangan only knew poverty during the last three years of his life. However, he always was a tormented, eccentric being. In order to write, he needed a mask. This is why most of his 950 odd poems are presented as translations. Though mangan can be a most faithful translator, he often plays the part of a critic, so that translating becomes re-writing: formal embellishments, substitution of ideas, or even parody. It can also end in re-creation, ranging from the adaptation of a single passage to complete appropriation, in which case the english poem is independent of its original. These various practices are found in the three main fields explored by mangan: german, oriental and gaelic poetry. Moreover, the poet sometimes attributes his own poems to foreign writers, real or invented. In fact, mangan needed translation, or the appearance of it, in order to express himself: pretending to be somebody else, his ego thus freed itself from the tyranny of the super-ego. Besides, mangan hated his father, and appropriation was a revenge on all "fathers" (the authors), as well as a rejection of origins which enabled him to assert his originality. Mangan's poetry is mainly a lamentation over the death of the past (whether his own or ireland's) and the emptiness of the motionless present, already haunted by death. This despairng vision (sometimes relieved by mangan's quaint humour) is expressed either in elegiac, melodious verse or with a tremendous intensity achieved through the use of an obsessive refrain or passionate syntax: mangan is first and foremost a great lyrical voice. The second part of this work provides a bibliography of mangan (primary and secondary material), listing most of the sources he used.

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