L'Oeuvre romanesque de Léon Bloy : écriture des mystères et mystères de l'écriture

par Pierre Glaudes

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Georges Mailhos.

Soutenue en 1986

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    Chez bloy, le symbolisme ouvre sur l'imaginaire. Retrouvant une forme de discours pre-logique, il s'inscrit dans le contexte de la crise des systemes signifiants des annees dix-huit-cent-quatre-vingt. Il traduit une resistance au logocentrisme et manifeste une faille dans l'empire de la raison bourgeoise. Fonde sur la tradition d'exegese biblique qu'il ressuscite a une epoque d'indigence theologique, il s'inspire egalement de la religion romantique et artiste. Il peut donc etre place au carrefour d'une poetique sacree issue du christianisme medieval et d'une litterature novatrice, en quete du religieux hors des voies usuelles. Le symbolisme mysterieux de la parole revelee recoupe alors etrangemet l'aventure prometheenne d'une "atheologie". C'est la fortune de ce symbolisme heterodoxe qu'on a voulu suivre dans l'oeuvre romanesque d'un ecrivain insaisissable. Jusqu'au bout, on s'est refuse a choisir entre deux conceptions divergentes, egalement plausibles. L'une fait des romans bloyens l'expression d'un prophetisme apocalyptique volontairement obscur, tenant de la profession de foi millenariste et de la provocation "anti-cochonne". L'ecrivain fait alors figure de visionnaire : temoin implacable de la degradation du monde contemporain, il tente d'y lire l'histoire du salut, sans l'enfermer dans une circularite mythique rassurante. L'autre insiste davantage sur le fonctionnement d'une ecriture qui, en jouant d'une rhetorique ambivalente, s'affranchit des contenus et des croyances. Liee aux profondeurs du desir, elle vise cet etat de la langue ou le sens, sans etre congedie, est "pose au loin comme un mirage". Par sa violence jubilatoire, elle instaure une erotique ou se dit la defaillance de la signification. Mais elle preserve une presence : "la musique, le souffle, la tension. . . , quelque chose comme un but".


  • Résumé

    With bloy, symbolism opens onto the imaginary. He is, in his rediscovery of a prelogical form of discourse, part of the crisis in meaningful categories of the eighteen-eighties. His affirmed to logocentrism lays bare a rift in the sway of bourgeois reason. Though building on the tradition of biblical exegesis which he revives in a time of theological poverty, he seeks inspiration in romantic and decadent religion. He thus stands at the divide of a sacred poesis issued from mediaeval christianity and an innovative literature seeking religion off the usual paths. The ineffable symbolism of the revealed word meshes strangely with the promethean adventure of an "atheology". We set out to trace the fortune of this heterodox symbolism in the fictional works of this elusive writer. Throughout, we have refused to opt for either of two diverging, equally plausible views. One could find in bloy's novels the expression of a deliberately obscure apocalyptic prophetism smacking of both a millenarian profession of faith and an "anti-swine" provocation. The writer appears as a visionary; an implacable witness of the decay of the world about him, trying to find there the procession of salvation, without locking it up in some reassuring mythical circularity. The other would stress the workings of an ambivalent rhetoric which shakes off content an creed. Bound to the depths of desire it aims for that state of language wherein meaning, without beeing disposed of, is yet "set far off like a mirage". By its jubilatory violence it raises an eroticism which tells of the failure of meaning. But a presence is preserved; "music, breath, tension. . . , something like a goal".

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2006 par PELH, Littérature et herméneutique à Toulouse et par Presses universitaires du Mirail [diffuseur] à

L'oeuvre romanesque de Léon Bloy


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  • Détails : 3 vol. (866 f.)

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