Ordre métaphysique et retour à la nature : épistémologie de la science de l'homme au siècle des Lumières

par Daniel Mercier

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Didier Deleule.

Soutenue en 1986

à Paris 10 .


  • Résumé

    La philosophie des Lumières se constitue autour du projet fondamental d'une science de l'homme capable de répondre en exigence et en étendue à la science des faits que réalisent, contre l'imaginaire cartésien, le traité d'optique et les principia de Newton. Cependant, la disparité des objets interdit un simple transfert méthodologique des sciences de la nature vers la nouvelle science de l'homme. Le problème se pose donc de la transposition du modèle de connaissance définit par la physique mathématique, dans le registre propre de l'objet spécifique de la science nouvelle. Et c'est à Locke qu'il revient d'avoir proposé, avec l'histoire des connaissances humaines, la métaphore méthodologique dans laquelle les artisans des Lumières puiseront les éléments d'une méthode de découverte spécifique qui, fidèle aux idéaux newtoniens, semblera garantir l'espoir raisonnable d'une science de l'homme aussi rigoureuse et universelle que la plus expérimentale des physiques. Cette méthode, c'est l'expérience métaphysique, ou transposition dans l'ordre de la genèse d'une analyse des faits que la philosophie naturelle opérait, quant à elle, dans l'ordre de la quantité. D’où la tâche fondamentale qui incombe prioritairement à la science nouvelle: découvrir, parmi l'infinie diversité des apparences livrées a l'observation, les caractères véritablement essentiels de la nature de l'homme, c'est-à-dire le fonds originel et universel de toute humanité, degré zéro de toute genèse, principe de toute histoire. Car ce n'est qu'à partir de ce fait premier que la science de l'homme, devenue science de la nature de l'homme, peut prétendre restituer aux faits qu'elle soumet à l'analyse-connaissance, sociétés politiques, biens et richesses, langage, etc. - L'ordre métaphysique de leur genèse, dans lequel se découvre enfin leur nature véritable.

  • Titre traduit

    Metpaphysical order and return to nature : an epistemology of the science of man in the age of enlightenment


  • Résumé

    The philosophy of enlightenment is based upon the fundamental project of a science of man which would be able to rival in exactingness and scope with the science of facts that is achieved in newton's optics and principia, in opposition to Descartes’s imaginary. However, the disparity of objects forbids a mere methodological transfer from the sciences of nature to the new science of man. Thus the problem arises of a transposition of the model of knowledge as defined by mathematical physics into the realm of the specific object of the new science. It is to Locke and his history of human knowledge that must be traced back the methodological metaphor from which the artisans of enlightenment will draw the elements of a specific method of discovery which, true to newton's ideals, will seem to warrant the reasonable hope of reaching a science of man which would be as rigorous and universal as the most rigorous experimental physical science. This method is metaphysical experiment, a transposition into the order of genesis of the analysis of facts, which natural philosophy would make, as for her, in the order of quantity. Hence the fundamental task assigned to the new science as a priority: to discover, among the infinite diversity of the appearances submitted to observation, the truly essential characteristics of the nature of man, i. E. The original and universal traits common to all humanity, degree zero of any genesis and principle of any history. For it is only from this primary fact that the science of man, now the science of the nature of man, can boast it is giving back to the facts under its analysis-knowledge, body politics, goods and riches, languages and so on - the metaphysical order of their genesis, in which their true nature finally reveals itself.

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  • Annexes : Bibliogr. p. 693-705. Index

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