Urbanisation et autosuffisance alimentaire au Cameroun : un essai d'explication par les petites activités marchandes

par Jean-Claude Vérez

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Philippe Hugon.

Soutenue en 1986

à Paris 10 .


  • Résumé

    La plupart des pays situes en Afrique au Sud du Sahara connaissent, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une croissance démographique sans précèdent associée à un vaste mouvement d’urbanisation. La mutation démographique de l’Afrique sub-saharienne pose a priori toute une série de contraintes dont l’approvisionnement des villes en produits alimentaires. Certaines études laissent présager de ce fait de véritables catastrophes d’ici la fin du siècle. On évoque par exemple « l’arme alimentaire ». Conscients de ces risques, la plupart des responsables politiques africains manifestent la volonté de promouvoir le secteur agricole et particulièrement les cultures vivrières. Tel est le cas du Cameroun. A l’image de l’Afrique sub-saharienne, la population totale du Cameroun croit régulièrement depuis 1950. Le rapport population rurale/ population urbaine tend vers l’équilibre. Comment dans ces conditions aboutir à l’autosuffisance alimentaire ou, dans le cas précis du Cameroun, la maintenir ? De nombreuses analyses font état en effet d’une autosuffisance relative au point que l’on parle du grenier de l’Afrique centrale. Il semble qu’il faille tenir compte simultanément de la demande et de l’offre. Cela revient d’une part à mesurer avec exactitude l’évolution de la demande, notamment urbaine, soit les nouvelles consommations, les nouvelles préparations… et d’autre part, à évaluer l’adaptation des zones productrices. Cela revient encore à étudier les réseaux de commercialisation ainsi que la politique agricole menée par l’état camerounais. Quelques enquêtes menées à partir de Daoula et dans les provinces de l’Ouest permettent de souligner le rôle très actif des bamiléké dans l’approvisionnement de la ville. Forts de leur solidarité, ils ont créé des petites activités marchandes (dont le commerce de micro-détail) lesquelles contribuent à satisfaire la demande alimentaire urbaine. Bien qu’exercées dans un cadre out-law, celles-ci sont à la fois source d’occupation, source de revenus, source de satisfaction de la demande, source de divisibilité… L’Etat doit donc en tenir compte et ne pas favoriser uniquement le développement des cultures d’exportation et/ou des complexes agro-industriels. Ainsi, plutôt qu’une rupture avec l’espace rural, l’urbanisation engendrerait un nouveau dynamisme. La corrélation entre l’urbanisation et la dépendance alimentaire, évidente a priori, doit donc être nuancée.

  • Titre traduit

    An attempt to relate urbanization and food self-sufficiency in the Cameroon by activities of small merchants


  • Résumé

    The majority of African countries south of the Sahara have known, since the end of the Second World War, a population growth hither to unknown coopted with rapid urbanization. The change in the population structure of sub-Saharan Africa poses a priori series of problems for the provision of foodstuffs for the towns. Certain studies lead us to believe they will be a real catastrophic by the end of the century. We conjure up, for example “the food weapon”. Aware of these risks, the majority of African politicians are showing the will to develop the agriculture sector and in particular food crops. Such is the case of the Cameroon typical of sub-Saharan Africa; the total population of the Cameroon has raised consistently since1950. The rural/ urban ration tends towards equilibrium. How, under these circumstances to arrive at food self-sufficiency or, in the case of Cameroon, to maintain it. Several studies show a relative self-sufficiency to the point where we speak of “the store house of Africa”. It appears necessary to consider simultaneously: on one hand the changes n tastes and diet in the demand notably urban, on the other hand ability to adapt of producing zones. This returns again to the study of the chains of commerce as well as the agricultural politics practiced by the state. Studies taken Daoula and in the western province underline the active role of Bamiléké in the supply of towns. A closknit community they have created small businesses (including small retail outlets) which contribute to the fulfillment of urban alimentary demand. Although illegal these are both a source of occupation and of revenue, they also supply a need and enable the sale of very small quantities. The State has to be aware of this and not favor uniquely the development of cash crops and/ or products for exportation. Rather than a break with the country, the urbanization could lead to a new dynamism. The correlation therefore between urbanization and alimentary dependence shows itself, a priori, to be full of nuances.

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