L'éducation de base au Burundi : école primaire et école Yaga Mukama, 1898-1973, structures, fonctionnement et impact social
| Auteur / Autrice : | Nicéphore Bukuru Ndimurukundo |
| Direction : | Antoine Léon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
| Date : | Soutenance en 1986 |
| Etablissement(s) : | Paris 5 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
L'éducation de base au Burundi comporte deux formes principales : d'une part la forme traditionnelle qui a été quelque peu effacée ou transformée par l'intrusion de l'évangélisation et de la colonisation et qui subsiste encore dans les campagnes ou auprès des personnes non encore suffisamment touchées par ces deux phénomènes : d'autre part la forme imposée par l'Occident dès l'installation définitive de la première mission chrétienne en 1898 à Muyaga. Dans les deux formes, les structures, les contenus et les méthodes favorables et ou compatibles avec l'ordre colonial catholique sont sauvegardes. Notre étude porte sur la forme occidentale que l'évangélisateur, le colonisateur et plus tard l’Elite autochtone utilisaient à leur profit, notamment en contrôlant la sélection des effectifs scolaires, les subventions et les débouches. La 1ere convention scolaire entre l'église catholique et l'état colonial (1930) consacre le détachement progressif de l'école primaire de deux autres écoles dont elle émane : à savoir le catéchuménat et l'école de simple lecture. A l'intérieur de l'école primaire : le 1er degré est réserve à la masse et son contenu reste à peine diffèrent de celui des écoles de simple lecture, la base de l'enseignement étant les livres de religion ; le 2eme degré prépare les auxiliaires dans la stricte limite des besoins coloniaux. La 2eme convention scolaire (1948) accélère la préparation des auxiliaires et prévoit l'ouverture d'un enseignement post-primaire. L’alignement sur les programmes métropolitains, introduit sous la pression des écoles laïques (1954) et des écoles autochtones, fut renforcé dans les premières années d'indépendance (1962). L’école préparatoire à l'école primaire, fut transformée en école parallèle et même concurrentielle et prit le nom populaire de Yaga Mukama (1962-63). Notre étude s'arrête en 1973, année où commence la réforme du système éducatif. Cette réforme ne touche en rien les structures préexistantes et exclue les écoles Yaga Mukama qui, depuis 1930, scolarisent deux à trois fois plus d'effectifs que l'école primaire. L’analyse du fonctionnement, montre, documents et chiffres à l'appui, que l'éducation de base imposée au Burundi servait en priorité à reproduire l'aristocratie traditionnelle dans le cadre d'une administration indirecte et ce du début du siècle aux années 1950. . .