Poetique des chants de funerailles de chefs en pays moaaga

par Albert Ouedraogo

Thèse de doctorat en Études africaines

Sous la direction de Jean-Marie Grassin.

Soutenue en 1986

à Limoges .


  • Résumé

    Le present travail en s'attachant a transcrire et traduire un corpus de quarante sept chants enregistres lors des funerailles de trois chefs en pays moaaga (burkina faso) a le souci de mettre en lumiere la litterarite de cette forme de production de l'oralite. Par poetique, il faut entendre les procedes langagiers implicites que les chanteurs mettent en oeuvre afin de provoquer autour de leurs performances l'emotion et le plaisir esthetiques. Au travers des devises, des proverbes et des fragments de fables, on decouvre des hommes et des femmes en projection dans un temps et un espace mythiques afin de mieux se situer dans le present. Les chants, mieux que toute autre forme d'art, expriment les sentiments et les ressentiments d'un peuple confronte a l'adversite existentielle. Mais tout en donnant corps aux differents conflits qui traversent la communaute, les chants ont pour vocation de transcender les oppositions individuelles afin de faire des funerailles, le moment-cle de la cohesion sociale, ce, gracea l'instauration de la fete purificatrice. Tandis que les hommes, de facon individuelle, restent demunis face a la mort, les funerailles affirment la suprematie du groupe qui se revele capable d'octroyer une nouvelle vitalite aux defunts qui ont vecu conformement aux normes de la tradition. Elles s'inscrivent dans une entreprise de recuperation symbolique de la mort. En definitive et de facon paradoxale, la mort fait le jeu du groupe en lui permettant de resserrer les liens communautaires et donc de combattre les forces centrifuges en son sein, gages de la survie de l'espece en harmonie avec l'univers des ancetres. Par la danse, la musique, les cris, se trouve affirmee la dimension inalterable de la vie groupale par-dela les echecs des vies individuelles.

  • Titre traduit

    Poetic of chiefs' funerals songs in moaaga country


  • Résumé

    The work presented here, a transcription and translation of forty seven songs recorded at the funerals of three chiefs in moaaga country (burkina faso) seeks to highlight the litterary character of a predominently oral tradition. By poetry should be understood the linguistic mechanisms employed by the singers to produce a pleasurable or emotive response. The people are projected into mithical time and space by a combination of mottos, proverbs and fragments of fables. In this way they may be said to achieve a hightened perception of their own real existence. More than any other medium, song is the most powerfull form for an oppressed nation to express its anguish and srife. But while crystalizing the different problems within the community, the funeral songs also have an important unifying function transcending individual conflicts and promoting social cohesion. Whereas death for the individual, represents an invincible foe, the funeral ceremony demonstrates the supremacy of the tribe as a whole over death, and thus allows it to honour the dead who have shown themselves faithful to the tribe's traditions. The funeral traditions represent a way of overcoming death. Paradoxically, death probably functions as a catalyst in strengthening community bonds acting in opposition to potential group-splitting quarrels. It is thus an assurance of the continued survival of the species in harmony with the universe of the ancestors. The ritual dancing, music making and shouting all finally attest to the unchangeable and unchanging nature of the group as opposed to the peripeties of individual members of that group.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Limoges (Section Lettres et Sciences humaines). Service Commun de la documentation.
  • Accessible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.